Marc Bidou (Maximiles) "La crise nous offre des opportunités d'acquisition"

Pour la rentrée, le JDN interviewe chaque jour un dirigeant de l'e-business qui livre ses prévisions de marché pour le second semestre. Aujourd'hui, le président-directeur général de Maximiles.

JDN. Quel bilan tirez-vous du début d'année 2009 et comment abordez-vous la rentrée ? 

Marc Bidou. Nous avons réalisé un chiffre d'affaires de 8,10 millions d'euros au premier semestre, en baisse de 2,5 %, pour un résultat d'exploitation d'un million d'euros. Cette baisse est essentiellement imputable à l'activité e-mailing qui est celle qui souffre le plus. En revanche, la fidélisation, qui reste notre cœur de métier, se porte bien. Notre activité de programmes de fidélité en marque blanche est par exemple en progression de 7,3 %. Les sociétés ne remettent pas en cause leurs programmes de fidélité comme elles peuvent repousser leurs campagnes de marketing, ce qui est une bonne chose. 

Les mois à venir vont encore être assez difficiles. On peut résumer la problématique de l'année 2009 par un manque de visibilité, au contraire des dernières années, au cours desquelles les entreprises étaient prêtes à prendre des engagements sur le long terme. Le marché n'a pas de visibilité à court terme et Maximiles non plus. Nous sommes cependant optimistes sur le long terme. Sur une période de deux à trois ans, je pense que la crise ne fait que renforcer notre activité et le média Internet en général. Le déplacement de budgets des médias traditionnels vers les médias Internet va se poursuivre et s'accentuer. La crise ne fera qu'accélérer la migration vers les médias digitaux, plus abordables financièrement et plus efficaces. Le marché de la fidélisation reste par ailleurs un secteur émergeant qui devrait connaître une forte progression à l'avenir. 

 

Quels sont les principaux relais de croissance de Maximiles ? 

L'international se développe bien, puisqu'il est en progression de 12,4 % sur le premier semestre. L'Angleterre est notamment un marché très dynamique pour Maximiles. Malgré la crise, qui est très forte outre-Manche, notre équipe de Londres a connu de très bons résultats au premier semestre. Les relais de croissance viendront également de l'Espagne et de l'Italie, qui sont deux marchés sur lesquels nous avons investis significativement et sur chacun desquels nous sommes en passe de dépasser les 200 000 membres.

En dehors des questions géographiques, notre principal relais de croissance, c'est le cash-back. Nous avons lancé notre propre offre, Fabuleos, il y a un peu moins d'un an. Nous avions choisi de reverser la quasi-totalité des sommes que nous touchons aux internautes. Nous pensons que cette proposition de valeur, attractive pour le consommateur, va contribuer à dynamiser ce marché, assez peu développé en France, contrairement aux marchés anglo-saxons. Je pense qu'il s'agira de l'un des relais de croissance de Maximiles pour les temps à venir. 

 

Au cours de l'été vous avez acquis 34 % du marocain 2WLS. Avez-vous d'autres projets d'acquisition ? 

Nous avons en effet acquis 34 % du capital de 2WLS par augmentation de capital, avec une option pour monter jusqu'à 51 %, ce qui est très clairement notre objectif. Cette opération était pour nous le moyen de mettre le pied sur un marché où il existe encore peu de concurrence capable d'opérer des programmes complexes. A travers le Maroc, nous avons de plus un pied en Afrique du Nord, ce qui pourra à terme nous permettre de nous y développer, même si ce n'est pas à l'ordre du jour. 

Nous n'avons pas réalisé d'opération de croissance externe au cours des deux dernières années et nous nous en félicitons, puisque nous aurions certainement surpayé une éventuelle acquisition par rapport au prix actuels du marché. Nous avons une trésorerie proche de 15 millions d'euros et notre prudence des deux dernières années va nous permettre dans les mois à venir de tirer parti d'un certain nombre d'opportunités. Les acteurs du marché capables de réaliser des acquisitions dans les douze prochains mois ne sont pas nombreux. Nous en faisons partie.  

 

 Demain : Olivier Moustacakis (eSearch Vision)

Annonces Google