Jeux d’argent en ligne : le marché bientôt ouvert aux casinos virtuels

Les casinos virtuels pourraient être autorisés à pénétrer le marché français. Une belle opportunité business pour tous les acteurs web du jeu d’argent.

La nouvelle a fait l’effet d’une petite bombe dans le secteur du gambling en ligne : les casinos virtuels devraient être autorisés à s'installer sur le marché français. Une légalisation aux causes et conséquences multiples. 

Boom financier en perspective 

A l’heure actuelle, selon la législation française, seuls le poker, le turf et les paris sportifs peuvent être pratiqués en ligne. Les casinos virtuels sont interdits. Ils n’ont pas le droit d’accepter des joueurs français et d’encaisser leurs dépôts, que leurs serveurs et équipes soient basés en France ou à l’étranger. L’Autorité de Régulation des Jeux En Ligne (ARJEL) a laissé entendre que la situation était susceptible d’évoluer.

Pour le moment, la FDJ (Française Des Jeux) concentre à elle seule toute l’offre des jeux de hasard, sur son site et en point de vente physique (loterie, jeux de grattage, etc). Un monopole qui agace sérieusement les fournisseurs de services de paris. Surtout que, depuis la fin de l’Euro 2016 et ses 141 millions de bénéfices pour les bookmakers web, le secteur peine à repartir à la hausse. Et le casino en ligne est une activité lucrative, qui rapporte beaucoup à l’étranger et en particulier en Angleterre.

Un véritable manque à gagner pour les grands opérateurs web comme Bet365, Unibet et consorts. C’est pourquoi ils tentent, depuis plusieurs années, de faire changer la loi. Et ils ont un argument de taille : les taxes prélevées sur les jeux de casino en ligne devraient rapporter un joli pactole. Du côté des internautes, l’attrait est là également. Même si l’activité est considérée par certains comme peu recommandable sur le plan éthique, elle est plébiscitée par les digital natives et les joueurs ne disposant pas d’un casino à proximité.

Une aubaine pour les bookmakers donc, mais aussi pour les groupes de casinotiers français, qui pourraient créer une déclinaison online de leurs jeux. Et ainsi renouveler leur clientèle. Au programme, machine à sous, roulette et blackjack virtuel mais aussi live casino (jeux avec un croupier réel, filmé par webcam).

Légaliser pour mieux contrôler

Au-delà du lobbying des opérateurs et des gains potentiels pour l’Etat, l’ARJEL risque aussi de céder face à un manque de moyens. Les casinos en ligne pullulent sur la Toile et, dans l’incapacité de les contrôler tous, l’ARJEL est contrainte de revoir ses positions. Dans les faits, il est clairement difficile de faire respecter la loi. Car les opportunités de jouer aux slots, à la roulette ou au blackjack sur Internet sont légion. L’ARJEL a procédé à l’interdiction de plusieurs sites de ce type, les rendant inaccessibles depuis le territoire français (en partenariat avec les fournisseurs d’accès internet). Mais ces cas restent marginaux.

Le régulateur a peu de marge de manœuvre face au développement de sites en .be, disponibles intégralement en langue française. La Belgique autorise légalement les bookmakers à proposer des casinos en ligne à la population, qu’elle soit wallonne ou flamande. Résultat, des sites de paris sportifs bien connus dans l’Hexagone proposent des salles de casinos virtuelles, accessibles 100% en français. Plutôt tentant pour les frenchies, surtout que les méthodes de paiement permettent de déposer de façon sécurisée. Rien à voir avec certains casinos en ligne véreux, refusant de verser leurs gains aux joueurs – et vite signalés aux autorités.

Certains sites localisent le point de connexion de l’internaute, et bloquent donc l’accès des IP françaises. D’autres en revanche sont moins regardants quant à la nationalité du joueur qui s’inscrit. Il est aussi facile de duper le système de localisation grâce un VPN, et les joueurs n’hésitent pas à en utiliser. Ils ne risquent d’ailleurs rien à le faire : s’inscrire sur un casino étranger n’est pas puni par la loi française. Contrôles inefficaces, manques à gagner pour l’Etat comme pour les opérateurs : autoriser les casinos en ligne en France est une réponse logique à toutes ces problématiques.

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