FreedomPop, l'opérateur mobile qui fait de la gratuité une stratégie marketing

FreedomPop, l'opérateur mobile qui fait de la gratuité une stratégie marketing Le forfait de téléphonie mobile proposé gratuitement par le MVNO fait fantasmer. Mais dans la réalité, 49% de ses clients paient pour un service complémentaire.

200 minutes d'appel, 500 Mo d'Internet mobile et 500 SMS pour pas un centime... C'est sur la base de cette promesse étonnante que l'opérateur mobile FreedomPop a fait son trou dans le marché ultra-concurrentiel de la téléphonie mobile américaine. Un positionnement qui a permis à l'opérateur de séduire 1 million d'utilisateurs sur son marché domestique, comme vient de le révéler son cofondateur Steven Sesar. 

Faire transiter les appels par le réseau Internet

Cet exploit commercial, FreedomPop le réalise grâce à un tour de passe-passe technique qui lui permet d'utiliser le Wifi ou le réseau 4G pour traiter la téléphonie, comme le font des Skype ou Viber. Pour se faire, l'utilisateur doit simplement télécharger l'application qui permettra le transit des appels via le réseau Internet. Et si ce dernier n'est pas disponible via Wifi, le téléphone bascule automatiquement sur le réseau cellulaire (celui de son partenaire Sprint en l'occurrence). Un procédé semblable à ce que que propose Google avec son service de téléphonie mobile, Project Fi, qui ajoute une technologie capable de transférer une communication depuis un réseau cellulaire vers un réseau wifi, sans interruption de service. De quoi diminuer sensiblement la facture des données consommées. 

Besoin de rentabilité oblige, FreedomPop propose évidemment des services complémentaires payants, en marge de son offre de base. Qu'il s'agisse de débourser 3,99 dollars par mois pour reporter la data non utilisée, 19,99 dollars par mois pour bénéficier d'un forfait voix, SMS et data illimité ou 6,99 dollars par mois pour souscrire à une assurance smartphone. Car l'opérateur propose au moment de l'abonnement des tarifs avantageux sur des smartphones. De même, si l'utilisateur dépasse la limite des 500 Mo que lui octroie la version gratuite de son abonnement, un dépassement lui sera facturé à hauteur de plusieurs dollars. Raison pour laquelle 49% des clients de FreedomPop paient aujourd'hui pour un service supplémentaire, alors même qu'il suffirait que "seuls 30% des clients paient pour que le modèle soit rentable", comme l'a expliqué Steven Sesar à Techcrunch

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Tout est fait pour aiguiller le client vers du payant.  © FreedomPop

La gratuité affichée procède donc en fait d'une véritable stratégie marketing. Un argument de vente d'autant plus efficace que la stratégie d'acquisition, ROIste au possible, ressemble à celle des opérateurs "virtuels" que sont Sosh ou Red. En clair pas de magasins physiques et une stratégie commerciale assez online agressive. Les coûts d'acquisition de FreedomPop seraient ainsi de moins de 5 dollars, là où ceux de ses concurrents historiques tourneraient autour des 380 dollars par utilisateur, a révélé Steven Sesar. 

Exporter le modèle à l'international

La société a déjà levé 20 millions de dollars auprès de fonds tels que Mangrove Capital, DCM et Niklas Zenstrom et chercherait à en lever 50 millions de plus, via un fonds ou un partenaire industriel (qui pourrait être Sprint). Un passage obligé pour celle qui cherche aujourd'hui à exporter son modèle à l'international. FreedomPop a ainsi annoncé en juillet dernier un partenariat avec KNP Belgium pour s'implanter en Belgique. La société vient d'annoncer une alliance identique avec Three pour se lancer au Royaume-Uni via une offre de carte Sim proposant 200 minutes d'appels, 200 textos et 200 Mo de data, gratuitement. Et Steven Sesar aurait déjà le reste de l'Europe dans son viseur. Bientôt la France ?

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