Bonnes feuilles : Planète Google La "boîte noire" Google

"... Guidé par sa mission fondatrice, organiser toutes les informations du monde, Google a constitué des capacités de stockage qui lui permettent, mieux que quiconque, de connaître les pensées et les actes de ses utilisateurs, et d'en conserver trace indéfiniment, sans avoir à effacer les anciens enregistrements pour en accueillir de nouveaux. De plus, il différencie son service en affinant ses propres logiciels propriétaires d'exploration et d'organisation des données, qu'il protège soigneusement de la vue de ses concurrents. Il y a donc conflit entre les désirs de Google, qui entend fonctionner comme une "boîte noire", et ceux de ses utilisateurs, en quête de transparence.

le 'googleplex', le siège de google en californie
Le "Googleplex", le siège de Google en Californie © Google

À tout le moins, les utilisateurs aimeraient que Google leur dise quelles mesures ont été prises pour protéger leur vie privée. Il est naturel qu'ils aient envie de connaître aussi les machines qui contiennent leurs données personnelles, les salariés de Google qui y ont accès et les risques de voir ces données divulguées, volées ou remises, par exemple, à une administration qui les réclamerait. Comment peuvent-ils être certains que leurs informations personnelles ne seront pas utilisées d'une manière à laquelle ils n'auraient jamais consenti de leur plein gré ? Le souci de confidentialité concerne toutes les entreprises Internet, mais il est plus fort là où les informations sont rassemblées en plus grand nombre. C'est pourquoi l'intendance de Google est un sujet qui intéresse le public.

À tort ou à raison, tout ce qui se trouve derrière une porte délibérément tenue fermée semble inquiétant. Pour améliorer son image, Google pourrait fléchir et ouvrir ses portes, ou du moins les entrebâiller. Le fait que ses centres de données fonctionnent dans le noir, sans personnel, ne garantit pas en soi qu'il ne se trouve chez lui aucun salarié malhonnête susceptible d'espionner les activités des utilisateurs. Un peu plus d'ouverture contribuerait à rassurer les utilisateurs quant à ce qui se passe hors de leur vue. En acceptant de s'ouvrir davantage, Google pourrait faire valoir l'absence d'intervention humaine dans son fonctionnement journalier. Car son modèle repose sur une automatisation massive. Dans les usines à informations de Google, ce sont les logiciels, non les humains, qui font le travail ..."