Laure de la Raudière et Fleur Pellerin Leur avis sur l'Hadopi et la copie privée

JDN. Est-ce que Hadopi était une réponse adaptée à la lutte contre le téléchargement illégal ?

Copie privée : UMP comme PS doutent de son extension au cloud computing

Laure de la Raudière. Oui mais il faut différencier d'un côté le travail pédagogique réalisé par Hadopi, et de l'autre la lutte contre les plates-formes comme Megaupload. Cette dernière doit passer par de la coopération internationale et n'a de sens que si on dispose d'une offre légale de qualité qui réponde aux attentes des consommateurs. C'est possible puisque c'est le cas dans le domaine de la musique avec Deezer et Beezic par exemple.

Fleur Pellerin. Nous ne sommes pas convaincus de l'efficacité de la structure Hadopi. On sait combien elle coûte mais pas combien elle rapporte ni ce qu'elle a pu créer pour la collectivité. Le soutien à l'offre légale pourrait être adossé à d'autres structures existantes comme au CNC (Centre national de la cinématographie, ndlr) pour l'audiovisuel ou au Conseil national de la musique si son chantier se poursuit.


Quelles sont les pistes d'amélioration possibles quant à la protection des droits d'auteurs sur Internet ?

LdlR. Il faut maintenant faire la même chose que ce qui a été fait avec la musique pour le cinéma et la vidéo. A titre personnel, je pense qu'il va falloir remettre à plat la chronologie des médias et le financement du cinéma. Nicolas Sarkozy précisera ses objectifs car il va très certainement parler de la culture numérique et de la protection du droit d'auteur dans sa campagne.

FP. Il faut avant tout établir une discussion avec les ayants droits et les consommateurs. Garder un volet pédagogique dans une structure qui coûte 12 millions d'euros par an juste pour envoyer des emails, cela ne fait pas sens en termes d'efficacité de l'action publique.


La commission de la copie privée continue de faire polémique sur ses décisions et son mode de fonctionnement. Faut-il la réformer et si oui, comment ?

LdlR. Il faut remettre la commission copie privée à plat, la refondre et amener une plus grande transparence à son fonctionnement. A titre personnel, je suis défavorable à son extension au cloud computing puisqu'une telle idée pourrait handicaper des acteurs français du secteur. Taxer le cloud computing ne serait pas une décision stratégique dans un marché en pleine croissance où les positions de compétitivité sont à prendre dès maintenant.

FP. Il est difficile de voir comment on va pouvoir affecter la taxe de la copie privée à des évolutions comme le cloud computing. Ce qui est intéressant c'est la logique qui était derrière cette taxe et il faut juste trouver des solutions innovantes pour l'adapter à de nouveaux produits dématérialisés. Si on élargit les supports qui sont concernés par cette taxe, peut-être pourrait-on baisser son taux, qui est un des plus élevés d'Europe.