Laure de la Raudière et Fleur Pellerin Leur avis sur la taxation des géants du web

Comment appréhender une politique fiscale auprès des géants du web ?

Taxe Google : personne n'y croit

Laure de la Raudière. Google paie 3 à 4 millions d'euros d'impôts en France alors qu'il pourrait en payer 100. Je suis favorable à l'idée de trouver un moyen de taxer les géants que sont Amazon, Google ou Facebook mais je suis opposée à tout système qui handicaperait le développement du numérique en France. S'il faut taxer Google, il faudra convaincre les autres pays européens qui sont dans la même situation que nous face aux géants du web, en portant des propositions au niveau européen. Chaque pays pourra par la suite porter la décision dans sa législation nationale. 

Fleur Pellerin. La seule taxe tangible que l'on peut appréhender serait basée sur l'utilisation de la bande passante, qui est non délocalisable mais mesurable.


La taxe Google évoquée par Philippe Marini est-elle une bonne solution ?

LdlR. Créer une taxe qui rapportera 10 millions d'euros comme le veut le sénateur Philippe Marini, c'est se tromper de combat. La logique de raisonnement de Philippe Marini est d'avoir la même fiscalité dans le monde numérique que dans le monde physique en France alors que les enjeux de l'économie numérique sont européens. Il ne se rend pas compte à quel point les entreprises du numériques sont délocalisables. 

FP. Les solutions avancées par Philippe Marini sont juridiquement trop compliquées à mettre en œuvre aujourd'hui. Au Parti Socialiste nous travaillons également sur l'idée de mettre à contribution la boucle cuivre qui est fixée aujourd'hui par l'Arcep à un coût aujourd'hui un peu surestimé pour financer les infrastructures.