Hollywood veut importer la riposte graduée aux Etats-Unis


Le lobby des studios hollywoodiens demande au futur président américain, Barack Obama, d'importer le concept français de riposte graduée.

Conformément à ses promesses, l'équipe de Barack Obama publie sur le site Change.gov l'ensemble des documents qui lui sont remis par les lobbys civils ou industriels. Le dernier en date, provenant de celui des studios de cinéma, la MPAA (Motion Picture Association of America), a fait beaucoup de bruit.

Tout d'abord, le lobby hollywoodien demande au futur président américain de menacer l'Espagne de sanctions économiques si elle ne fait pas davantage d'efforts en matière de lutte contre le piratage. En effet, l'utilisation de logiciels de peer-to-peer y est légale, tout comme les sites de liens P2P.

Le Canada suscite également l'ire du groupe de pression, qui reproche au gouvernement canadien de céder aux pressions du public en repoussant l'adoption d'une loi sur les droits d'auteurs. La MPAA demande également à Barack Obama de faire pression sur le Mexique pour qu'il adopte des lois contre le camcording des films dans les salles de cinéma.

La Chine et la Russie sont aussi désignées comme de très mauvais élèves, le lobby les accusant de continuer à abriter de grandes usines de fabrication de DVD pirates. Il conseille de plus au futur président américain d'ouvrir des négociations pour limiter les règles de protectionnisme en vigueur dans le monde à l'encontre des produits culturels américains.

En revanche, la France à les faveurs d'Hollywood. Le projet français de riposte graduée suscite en effet l'enthousiasme de la MPAA, qui recommande à Barack Obama de l'importer aux Etats-Unis. Le lobby préconise enfin la mise en place d'une détection et d'une suppression automatisées des contenus contrefaits sur Internet. Autrement dit, d'imposer des mesures de filtrage aux FAI et aux plates-formes Web 2.0.

Si Barack Obama a semblé vouloir se distancier des lobbys pendant sa campagne électorale, tel n'est pas le cas de son co-listier Joe Biden, réputé très proche des deux principaux lobbys pro-copyright : la MPAA et la RIAA (qui représente l'industrie musicale). La position de la future administration américaine sur ces sujets reste donc incertaine.

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