Pierre Gattaz veut aider les chefs d'entreprise à prendre le train du numérique

Pierre Gattaz veut aider les chefs d'entreprise à prendre le train du numérique Le patron du Medef a rappelé à ses membres l'importance d'être en mesure de rivaliser avec des acteurs du numérique toujours plus disruptifs et prêts à attaquer leur secteur.

"Les barbares et les nouveaux explorateurs sont à nos portes, il est important de réagir". C'est avec une métaphore qui forcit volontairement le trait que le président du Medef, Pierre Gattaz a lancé les premières universités du numérique du Medef. Une allusion à peine voilée aux Uber, AirBnB, Blablacar et autres start-up disruptives dont l'arrivée crispe aujourd'hui sérieusement les fleurons de l'industrie française et européenne. Et autant de noms qui étaient sur toutes les lèvres à l'occasion de ces deux journées de réflexion autour de la création d'un écosystème européen numérique pérenne et, en point d'orgue, le fameux marché unique du numérique que la Commission européenne appelle désormais de ses vœux.

Anticipant quelques réflexes défensifs, Pierre Gattaz a rappelé ce qui pour certains (mais pas encore assez) est une évidence : "Le numérique est un immense gisement d'opportunités. Ne pas prendre ce virage, c'est risquer un réel décrochage". Et de constater, chiffres de McKinsey à l'appui, que les entreprises françaises ont un réel retard en matière d'appropriation du numérique, classées seulement au 22eme rang européen selon les estimations de l'organisme. De quoi justifier la création de cette nouvelle université qui ambitionne, ni plus ni moins, que de "permettre aux dirigeants du monde de l'entreprise de prendre le train du numérique", en les éclairant sur les principales problématiques et opportunités afférentes à ce tout nouveau marché. 

Une révolution schumpeterienne qui créera des emplois... et en détruira 

Car nombreuses pourraient être les entreprises qui pâtiront de cette "révolution schumpeterienne qui créera des emplois mais en détruira aussi". Citant les exemples de Kodak, ou plus près de nous, La Redoute, le patron du Medef a alerté les chefs d'entreprises dont la stratégie se résumerait à préserver leurs rentes. "Il y a l'heure où nous parlons toute une petite troupe de 'barbares' qui étudie avec attention votre secteur... pour s'y attaquer avec inventivité".

S'il est indispensable que les entreprises se remettent en question, en s'équipant en technologiques et compétences "digital friendly", Pierre Gattaz n'en oubliera pas pour autant d'évoquer la nécessité de revoir le volet réglementaire d'un marché où viennent aujourd'hui se confronter des acteurs, le plus souvent américains, libérés de toutes obligations, et des acteurs traditionnels englués dans leurs contraintes. "La révolution numérique implique de faire évoluer la réglementation avec l'arrivée de nouveaux métiers". Un moyen, sans doute, d'éviter le genre de conflits entre Uber et les taxis, qui cristallise aujourd'hui toute l'incompréhension de ces deux univers. Dernier message adressé à l'audience : le couple franco-allemand (et avec lui le couple Medef – BDI) doit être le moteur de la création de ce marché unique du numérique. Un message que Gunter Oettinger, commissaire européen à l'économie numérique, qui intervenait juste après Pierre Gattaz, n'aura sans doute pas manqué d'entendre. 

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