Soundcast, premier SSP audio français, tente de s'imposer face au géant Adswizz

Soundcast, premier SSP audio français, tente de s'imposer face au géant Adswizz Fondée par un ancien de France TV Pub et un ex-Publicis, la start-up propose d'aider les éditeurs à mieux monétiser leur inventaire audio digital.

Dans un secteur pub audio digital naissant, les adtech françaises spécialistes du sujet sont encore rares. Côté demande, on recense le pure-player Audion et côté supply… personne. Jusqu'à ce que Soundcast, première suite technologique française 100% audio digital, fasse son apparition. La start-up lancée officiellement fin novembre par Patrice Sguerzi, un ancien de France TV Publicité, et Jean-Baptiste Quenum, ex Publicis, a mis près de 10 mois pour développer une technologie comprenant adserver, SSP et player. En bref, de quoi permettre aux éditeurs de mettre leur inventaire audio (podcast, radio numérique, assistants vocaux...) en vente auprès des agences médias et sur les ad-exchanges en programmatique. 

"De plus en plus de contenus audios sont désormais disponibles en digital, constate Patrice Sguerzi. Au sein des groupes radios mais pas seulement… Les sites Web et les studios de podcasts indépendants ont eux aussi besoin de solutions de monétisation." Le patron de Soundcast sait toutefois qu'il va devoir prendre son mal en patience alors que le marché est encore balbutiant. 4,8 petits millions d'euros au premier semestre 2018 en France, selon l'Observatoire de l'epub du SRI, soit moins de 0,5% des investissements en pub online. Mais une croissance qui frôle les deux chiffres, à 9,7% sur un an.

"Il va falloir réussir à agréger des audiences conséquentes pour évangéliser les agences qui ne jurent que par le reach"

"Il va falloir réussir à agréger des audiences conséquentes pour évangéliser les agences qui ne jurent que par le reach en digital", concède Patrice Sguerzi. Pour faire face à cette problématique de volume, Soundcast a aujourd'hui deux priorités : séduire un maximum d'éditeurs et optimiser l'accès à la demande, en se connectant aux plus gros acheteurs programmatiques. Mission quasi réussie en ce qui concerne ce dernier point puisque la plateforme est en train de se brancher aux grands DSP généralistes comme DBM, Appnexus, The Trade Desk, Mediamath, et des spécialistes comme Adswizz ou Tubemogul.

Côté éditeurs, le challenge est plus compliqué. Le géant américain de la pub audio Adswizz est déjà bien implanté en France. Acquis par Pandora pour près de 145 millions de dollars en mars 2018, il permet à quelques-uns des plus grands groupes radios français de monétiser leur inventaire via des ventes directes ou en programmatique. Parmi eux, NextRégie, RTL, Europe 1 et NRJ.

Une collaboration qui n'a rien d'exclusive, assure Patrice Sguerzi. "Rien n'empêche contractuellement ces acteurs d'installer un deuxième SSP pour optimiser la monétisation programmatique de leur inventaire audio." Sans donner de nom, Patrice Sguerzi explique être en test chez six éditeurs. "Notre solution a l'avantage d'être agnostique, contrairement à celle d'Adswizz qui est présent des deux côtés de la barrière vu que le groupe dispose également d'un DSP propriétaire."

"C'est impossible d"accoler un préroll de 30 secondes à un podcast qui dure entre 3 et 4 minutes"

Autre facteur différenciant : l'accompagnement. "Nous sommes bien plus qu'un partenaire technologique. Nous conseillons le client dans sa stratégie marketing et commerciale." Le patron de Soundcast explique par exemple aider les éditeurs à concevoir des formats respectueux de l'expérience utilisateur. "Les podcasts type briefing d'information sont à la mode aujourd'hui. C'est impossible de leur accoler un préroll de 30 secondes alors qu'ils durent généralement entre 3 et 4 minutes", illustre-t-il. Pour les podcasts qui excèdent les 30 minutes, Patrice Sguerzi déconseille les tunnels publicitaires où plusieurs prérolls se succèdent. "Nous conseillons plutôt à un annonceur de diffuser un pré-roll puis un mid-roll pendant l'écoute."

Côté ventes, Soundcast veut pousser les éditeurs à mettre sur pied des places de marché privées qui leur permettront de négocier des deals programmatique avec les agences et les trading desks. "Je suis persuadé que les agences délaisseront rapidement les enchères en open RTB pour privilégier des private deals", avance Patrice Sguerzi. Sa plateforme met également l'accent sur les outils de monitoring. Notamment un dashboard qui permet aux éditeurs de mieux maîtriser la monétisation de leur inventaire et un player audio maison qui leur assure de mieux mesurer la consommation de leurs flux audio.

Sur un marché qui s'annonce très concurrentiel, Soundcast espère lever rapidement 1 million d'euros pour doubler la taille de ses équipes (la société compte actuellement 6 collaborateurs) et continuer à investir en R&D. Patrice Sguerzi compte sur le relais de croissance programmatique pour faire décoller son business. "Je pense que 75% de nos revenus proviendront du programmatique d'ici la fin de l'année prochaine."

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