Sophie Rubenthaler (Performics) et Arnauld Mitre (Google) "Grâce à notre partenariat, nous avons appris à connaître nos métiers respectifs"

Début 2008, Google et Publicis nouaient un partenariat destiné à renforcer leurs relations commerciales. Un an et demi plus tard, les deux groupes font le point sur ce partenariat et sur son avenir.

JDN : En janvier 2008, le PDG de Google, Eric Schmidt, et le président du directoire de Publicis, Maurice Levy, signaient un partenariat entre leurs groupes. Sur quoi porte ce partenariat ?  

Arnauld Mitre : Il s'agit avant tout d'un partage d'expérience entre les équipes françaises de Google et de Publicis pour permettre aux deux groupes de mieux travailler ensemble. Qu'il s'agissent des agences ou des sites supports de publicité, chacun de son côté a souvent l'impression de connaître le travail de l'autre, ce qui, avec du recul, est loin d'être le cas. Cette méconnaissance du travail de l'autre fait que parfois, nous ne nous comprenons pas, ce qui peut être source de frustrations, que ce soit du côté des agences ou des supports de publicité.  

 

Comment se concrétise ce partenariat ? 

Sophie Rubenthaler : Le principal objectif de ce partenariat était d'instaurer des journées, au cours desquelles les collaborateurs Google découvrent le travail de ceux de Publicis, et plus précisément les équipes du pôle Vivaki (Starcom, ZenithOptimedia, et Perfomics), en passant une journée avec eux, et inversement. Ces journées sont mises en place deux fois par an. Pour maintenir le contact, nous organisons également chaque mois des journées pendant lesquelles les collaborateurs des deux groupes vont passer du temps chez l'un ou chez l'autre. 

 

Qu'apporte ce partenariat à un groupe comme Publicis ? 

Sophie Rubenthaler : Nous voulions montrer à Google à quoi sert une agence, surtout sur la partie de conseil aux annonceurs. Nous souhaitions que Google comprenne mieux nos besoins, nos contraintes aussi. Une agence peut recevoir un brief client et devoir y répondre dans la journée. Dans ce cas, nos account managers ont besoin de réactivité de la part de leurs partenaires. Le fait de faire se rencontrer les équipes nous a permis de mettre en place des process de transmission d'informations, là où il n'y avait auparavant que de l'informel. Nous arrivons ainsi à travailler de manière plus rapide ensemble. Les retours des collaborateurs de Google nous permettent également d'améliorer nos outils et de développer de nouvelles fonctionnalités. 

 

Et du côté de Google ? 

Arnauld Mitre : Les agences ressentent souvent une certaine frustration due au manque de recul dont elles disposent pour répondre à un brief client. Or ce recul est nécessaire pour faire preuve d'innovation. Comme nous connaissons mieux que quiconque nos produits, nous pouvons proposer aux agences des dispositifs innovants, que ce soit en matière de création ou de ciblage. Ce qui nous permet de mieux faire connaître nos produits et de les mettre en valeur. Grâce à ce partenariat, nous travaillons mieux ensemble. 

 

Les relations entre Google et les agences sont parfois tendues, notamment depuis la suppression des remises agences par Google. Essayez-vous de vous rattraper ? 

Arnauld Mitre : La suppression des remises a effectivement rendu les relations entre Google et les agences un peu délicates. Cependant, nous travaillons notre relation avec toutes les agences, en dehors même de ce programme. Avec Publicis, nous allons plus loin. Nous avons été surpris de découvrir les outils d'optimisation développés par les équipes de Publicis, surtout en matière de SEM. D'une manière plus générale, découvrir comment travaille une agence nous permet aussi d'optimiser nos propres outils. 

 

Ce programme n'existe pour l'instant qu'en France. Prévoyez-vous de l'étendre à d'autres pays ? 

Sophie Rubenthaler : Oui. La France a joué jusqu'à présent un rôle de pilote dans ce programme dont l'ambition est d'être européen. Nous avons lancé la même initiative il y a un mois en Espagne. Nous la lancerons également dès le mois de septembre en Italie, puis plus tard en Allemagne. 

Google / Publicis

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