Numericable-SFR n'avale pas le refus de Bouygues Telecom

Numericable-SFR met la pression sur le conseil d'administration de Bouygues. Une première étape avant une nouvelle offre plus convaincante ?

Les arguments de Bouygues pour justifier son refus de vendre sa filiale télécom à Numericable-SFR sont fallacieux. C'est le message envoyé par Altice qui reprend point par point ces arguments. Le montant de l'offre, d'abord. 10 milliards d'euros représente 15 fois l'Ebitda 2015 prévu par Bouygues, et 25 fois son Capex prévu en 2017. Soit, "une prime de l'ordre respectivement de 2 à 3 fois par rapport aux valeurs moyennes de ce type d'actifs sur le marché européen". Le groupe précise par ailleurs les modalités de paiement, avec 9 milliards en cash à la conclusion de l'opération, notamment. Détail intéressant : Altice précise que sur les 10 milliards de l'opération, 3,5 à 4 milliards d'euros auraient été apportés par des cessions d'actifs (à Iliad) et une augmentation de capital réservée au groupe Bouygues.

Numericable-SFR ne reconnaît pas non plus le risque réglementaire évoqué par Bouygues. Selon lui, l'accord de cession d'actifs conclu avec Iliad (plus large que celui prévu par Bouygues avec Iliad lors de sa tentative d'acquisition de SFR en mars 2014) et des contacts initiés avec les autorités concernées offraient suffisamment de garanties. Concernant les craintes au niveau de l'emploi, Numericable-SFR rappelle qu'il s'est engagé à maintenir l'emploi des salariés chez Bouygues "dans des conditions similaires à celles qui avaient été souscrites pour l'acquisition de SFR". Enfin, il conclut en rappelant qu'il s'est engagé auprès du gouvernement à continuer d'investir dans la fibre et qu'il a augmenté les investissements de SFR de 20% depuis sa reprise il y 6 mois.

Si Altice prend acte de ce refus, il regrette néanmoins que le conseil d'administration de Bouygues, qui s'est opposé à son offre à l'unanimité, "n'ait cherché à obtenir la moindre précision ou explication avant la présentation à son conseil d'administration".

En se fendant publiquement d'un effort pédagogique aussi précis, Altice semble préparer le terrain à une nouvelle offre, en coupant l'herbe sous le pied de Bouygues qui ne pourrait la refuser une nouvelle fois sur ces mêmes arguments, sauf à se justifier davantage et à potentiellement désorienter les marchés qui pourraient finir par ne pas comprendre son entêtement. Reste à voir quelle sera la réaction de Bouygues si Altice se décide à augmenter son offre de quelques milliards...

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