L'e-learning, meilleur outil de sensibilisation à la sécurité routière ?

Alors que la mortalité sur les routes repart à la hausse, l'e-learning constitue une alternative intéressante aux solutions de sensibilisation et de prévention classiques.

3 477. C'est le nombre de personnes qui ont perdu la vie sur les routes de France en 2016. Un triste record, la mortalité routière étant en hausse pour la troisième année consécutive dans l'Hexagone — une première depuis 1972. Au mois de novembre, le nombre de morts sur nos routes était en hausse de 8,9% par rapport à la même période l'année précédente. Cela ne peut plus durer. 

Un Comité interministériel pour répondre à l'urgence

Il y a urgence. Face à l'hécatombe, le gouvernement, se disant « particulièrement mobilisé au profit de cette cause fondamentale que constitue la sécurité routière », se devait de réagir. Dont acte : le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé la convocation d'un Comité interministériel de sécurité routière (CISR), qui se réunira le 18 janvier prochain.

A l'ordre du jour de ce CISR tant attendu, la limitation de la vitesse maximale autorisée de 90 km/heure à 80 km/heure sur les routes nationales et départementales bidirectionnelles, sans séparateur (rail ou muret) central. Soit la quasi-totalité du réseau français, hors autoroutes et voies rapides. Edouard Philippe, toujours lui, s'est déclaré « favorable » à une telle mesure.

Les associations concernées par la problématique de la sécurité routière s'opposent sur l'opportunité d'une telle limitation. Si Prévention routière préconise de « baisser la vitesse de manière pragmatique selon les routes, y compris à 70 km/heure sur les portions les plus accidentogènes », le ton est tout autre chez 40 Millions d'automobilistes, selon qui l'objectif de cette mesure est « surtout d'empocher l'argent des automobilistes pincés en infraction ». L'association de conducteurs a même lancé une pétition contre l'abaissement à 80 km/heure.

L'e-learning, une solution efficace  

Il ne nous appartient pas de prendre la place des spécialistes ni de départager ici les avantages et inconvénients d'une telle mesure. Mais abaisser la vitesse ne peut être la réponse unique à un problème aussi complexe. Il faut agir en amont. Et à l'heure des NTIC et de la révolution numérique, le gouvernement se doit d'étudier toutes les possibilités pour améliorer la sécurité routière.

L'e-learning est l'une d'entre elles. Indépendamment de la problématique de la sécurité sur les routes, l'e-learning a de nombreux atouts, qu'ont bien compris les entreprises et collectivités territoriales, qui sont 80% à avoir mis en place des solutions de formation en ligne. L'e-learning, tout d'abord, coûte moins cher : selon le prestigieux cabinet EY, les formations en ligne reviennent en effet entre 30% et 60% moins cher que celles dispensées en présentiel.

Accessible partout et tout le temps, l'e-learning permet surtout d'assurer une expérience d'apprentissage plus personnalisée, plus adaptée à chaque apprenant, qui devient pleinement acteur de son apprentissage — un atout de taille si l'on veut responsabiliser les futurs ou actuels conducteurs.

Auto-écoles, assureurs... le secteur s'y met

Les acteurs du secteur sont de plus en plus nombreux à recourir au e-learning. A l'image d'Auto-école.net, un établissement d'apprentissage à la conduite nouvelle génération, qui mêle cours en ligne et conduite en situation. L'auto-école propose ainsi sur son site Internet une formation en ligne de 5 heures aux enjeux de sécurité routière, découpée en quatre étapes : apprentissage avec fiches pratiques et vidéos ; entraînement à l'aide de quelque 800 questions ; évaluation avec des jeux, simulations et tests ; validation des acquis récompensée par une attestation de suivi.

Les assureurs s'y mettent aussi. C'est le cas, par exemple, de MMA qui, en partenariat avec Covéa Fleet Solutions, a créé un module e-learning afin de sensibiliser les salariés aux risques de la route — les accidents de voiture restant la première cause de mortalité au travail. La formation aborde l'ensemble des thèmes liés à la sécurité routière : distances de sécurité, manœuvres, alcool, drogues et médicaments, comportements à adopter en situation d'urgence, entretien du véhicule et des pneus, etc. Le but : évaluer et renforcer les connaissances des salariés en matière de code de la route, grâce là aussi à des tests interactifs, des quiz et des mémos.

Même son de cloche chez Fictis Prévention, qui propose une formation en e-learning intitulée "Prévention des risques routiers". Parce que "conduire est un travail à part entière", la formation à distance, qui s'adresse aux commerciaux, chauffeurs professionnels ou encore aux professionnels des services techniques et de maintenance, permet d'identifier les risques sur la route, de mettre en place de bonnes habitudes ou encore de modifier son comportement au volant. Ici aussi, l'objectif est de faire du « e-apprenant » un acteur à part entière de sa propre sécurité...et de celle des autres.

Baisse de la vitesse, e-learning : aucune solution ne doit être mise de côté pour améliorer la sécurité sur la route. Le gouvernement doit tout faire pour enrayer cette tendance mortifère. A lui de faire en sorte de favoriser, lors du prochain CISR, des solutions qui s'adaptent à chaque conducteur et s’appuient sur les modes de vie d’aujourd’hui.     

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