Banques et fintech : et si l’avenir se construisait ensemble ?

Fragilisées par la crise financière de 2007, les banques sont aujourd’hui attaquées par les fintech, les Gafa et BATX qui cherchent à les contourner et séduire les consommateurs en proposant des nouveaux modes de collaboration plus modernes et plus attractifs.

Percutées de plein fouet par cette révolution du digital et fortement impactées par la pression de l’économie collaborative, les banques doivent repenser leur business model et apprendre à tirer profit d’un système en pleine mutation.

Une évolution forte, des opportunités à saisir

iBeacon, NFC, QRcode... chaque acteur majeur du marché du paiement mobile possède sa technologie de prédilection.  Apple, par exemple, a lancé sa solution de paiement en mobilité avec le NFC ou encore Paypal qui mise tout sur le iBeacon. Enfin, Google avec Android prônent le HCE (qui permet de sécuriser les transactions dans le cloud) comme étant la solution unique pour révolutionner le marché du m-paiement. Un constat face à ses différentes technologies : l’omnicanalité est devenue incontournable dans la distribution. Faciliter le paiement à l’aide de solutions innovantes, rapides et surtout sécurisées reste le point phare d’une expérience client réussie et la meilleure façon pour les banques de tirer leur épingle du jeu.

Le mPOS est une solution facile d’utilisation qui permet un paiement électronique sur un terminal sécurisé connecté (smartphone,  tablette ou appareil sans fil). Il permet de replacer le lien social au cœur des processus de consommation en magasin, d’éviter le passage aux caisses et les attentes trop longues mais également de mieux connaître ses clients en collectant des informations jusqu’alors difficilement récupérables en caisse traditionnelle. De par sa fonction, le mPOS contribue également à faire évoluer la fonction de caissier vers celle de conseiller.

Le HCE (Host Card Emulation) propose une approche alternative à celle utilisée par Apple Pay. La technologie HCE permet de faire communiquer le smartphone et le TPE sans échanger les données de carte bancaire mais uniquement un alias qui circule sur le réseau. L’usage est identique au paiement sans contact NFC. Cette solution récente est le pendant d’Apple Pay (NFC) pour les utilisateurs Android.

Un beacon est un petit boîtier capteur qui peut "dialoguer" sur un petit périmètre avec des smartphones ou tablettes par une connexion bluetooth. Certaines banques déploient le beacon dans leurs agences pour avertir le conseiller bancaire en temps réel de l’arrivée de ses clients et du motif du rendez-vous. Un moyen supplémentaire pour le conseiller de pouvoir personnaliser davantage l’accueil de son client. Le beacon peut être également utilisé à des fins promotionnelles, pour des programmes de fidélité et à des fins d’analyse (attribution trafic, point de vente et retail analytics) grâce à des expériences personnalisées. L’interaction doit être personnelle, pertinente, prédictive, très intuitive et non invasive.

Sécurité : de vrais leviers d’action en faveur des banques

Avec l'initialisation des instructions de paiement, l'usage de la carte bancaire sur le web est sérieusement mis en balance. Le paiement peut dorénavant être initié directement à partir des comptes du payeur, qui doit confirmer ses instructions. Le commerçant est assuré d'être réglé, tout en bénéficiant d'une réduction des coûts de transaction et d'une souplesse accrue dans les choix de mode de paiement. Les consommateurs profitent eux d'une plus grande visibilité et d'un meilleur confort de gestion, d'une valeur plus large des montants et in fine, de la réduction des coûts répercutée par l'effet de concurrence.

Dans un communiqué publié le 2 juin 2017, la Fédération bancaire européenne (FBE) réitérait ses préoccupations face au "web scraping", technique qui permet à un tiers d'accéder aux comptes bancaires du client en son nom et en se faisant passer pour lui en utilisant ses codes d'accès. Dans le cadre de ladeuxième directive européenne sur les services de paiement (DSP2), la FBE souligne que les banques européennes soutiennent pleinement la création d'un écosystème sûr et efficace d'interfaces interopérables (API) pour une communication fiable entre les tiers de paiement et les banques.  Elle précisait que les interfaces dédiées (API) sont modernes, sécurisées et permettent de mettre l'ensemble des acteurs sur un pied d'égalité.

Les fraudes sur des sites de e-commerce étrangers restent nombreuses. On dénombre 9,1 fraudes sur 1000 achats en ligne en Europe et 9,6 dans le reste du monde. Un risque justement accru par l’essor des paiements à distance, e-commerce, drive, paiement mobile, wallets. Créé par Visa et MasterCard et instauré depuis 2008 en France, le dispositif 3-D Secure vise à sécuriser les transactions effectuées par carte bancaire sur un site e-commerce ou boutique en ligne. Il suffit à l’acheteur de renseigner, en plus de ses coordonnées de carte, un deuxième facteur d’authentification, généralement un code à usage unique reçu par SMS. Selon une étude menée par Statista, en avril 2011, 17,9% des paiements en ligne étaient effectués avec ce protocole contre 35% en avril 2017.

La coopération plutôt que la compétition

Défiées par les fintech qui viennent sur leurs plates-bandes proposer des services bancaires et financiers parfois en concurrence directe parfois de niche, les banques traditionnelles diversifient leurs stratégies. Elles engagent des partenariats, rachètent certaines start-up et investissent elles-mêmes dans la transformation numérique. Parallèlement, certains établissements envisagent de faire équipe avec leurs nouveaux challengers, voire de les racheter. Ainsi, selon le World Fintech Report de 2017, 38% des banques pensent investir directement dans des start-up qui développent des services de banque/finance et 18,6% évoquent un éventuel rachat. Tandis que 29,6% tablent sur la création d'accélérateurs et 34% collaborent avec des organismes de formation. Les banques et les fintech in fine devraient favoriser la coopération à la compétition.

 

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