A l'ère de la blockchain, prenons le temps de repenser l'économie

La France dispose d’un écosystème blockchain solide avec des acteurs disposant d’une expérience importante et de références. Mais cet écosystème trouve encore des limites : il reste très morcelé, underground et caricaturé.

Les technologies blockchain sont une chance et une promesse de croissance. Rien que sur l’année 2018, les chiffres sont éloquents : les 500 start-up françaises déjà sur le créneau devraient être rejointes par près de 1 500 autres d’ici la fin de l’année. Dans cette lignée, nous estimons ainsi qu’il faudra former 20 000 professionnels d’ici le mois de décembre pour soutenir l’écosystème blockchain en France. Et ce n’est que le début d’un appel massif aux compétences : il est donc temps pour les écoles d’ingénieur, de commerce, de communication, de finance, de politique de se mettre en ordre de marche !

La blockchain, technologie de l’hyper-vitesse  

La blockchain n’est pas juste une technologie : c’est une technologie juste. Juste parce qu’elle donne à chacun une liberté et transaction et de gouvernance avec une rétribution directe des droits et de la valeur créée. Juste  parce qu’elle est transparente.

Mais la technologie blockchain est surtout le moteur d’une révolution par la vitesse. Car avec elle, les start-up ont désormais la possibilité de grandir comme jamais auparavant. De fait, les attributs de la "token economy" leur permette de se financer plus vite, de trouver plus rapidement des clients et d’engager toute la chaîne de valeur et donc de se développer exponentiellement dès leurs amorçages. C’est ce qui explique que les ICO ont déjà pris le dessus sur les levées de fonds VC : il est courant de voir plusieurs millions levés en quelques mois avec un taux d’échec à peine légèrement supérieur à celui des levées de fond classiques.

Mais si la vitesse est clef, il ne faut pas imaginer les ICO comme un jackpot automatique mis à la portée de tous les projets : nombreux sont les entrepreneurs à s’être déjà brûlé les ailes ! Et pour cause, la technologie blockchain n’est qu’une nouvelle technologie et les ICO responsables ne sont pas moins sérieuses que peuvent l’être des opérations financières comme les IPO ou le M&A. Elles requièrent de la même manière des budgets relativement conséquents et des expertises diversifiées (légales, techniques, communicationnelles, cyber, etc).

Construire l’expertise blockchain  

Dès cette année et dans tous les secteurs d'activité, nous aurons à disposition des systèmes opérationnels permettant, grâce à de nouvelles innovations au niveau des infrastructures blockchain, de nouvelles libertés et protections concernant la propriété, de la création de la valeur, des circuits courts plus compatibles avec les exigences de responsabilité sociétale et environnementale, des coopérations, de répartition de valeurs, d'accès à la réussite… Ces opportunités sont à portée de main et leurs applications plus imminentes que jamais.

Mais c’est tout le paradoxe : alors que ces technologies sont désormais accessibles et sur le point de se démocratiser, elles requièrent plus que jamais des expertises. Or, si les besoins sont immédiats, tous les savoirs faire ne sont aujourd’hui pas disponibles partout ni à densité égale. 

Et c’est une force dont bénéficie la France : disposer d’un écosystème solide avec des acteurs disposant d’une expérience importante et de références. Mais cet écosystème trouve encore des limites : il reste très morcelé, underground et caricaturé. Et la moitié des start-up blockchain françaises réfléchissent à un départ pour vers un cadre légal plus propice.

La France, terre de la blockchain ?  

Les problématiques légales ou comptables sont amenées à évoluer. Mais ce n’est pas le cas de l’écosystème si personne ne prend les choses en main. Il est donc temps désormais que l’ensemble des acteurs économiques (banques, écoles, grandes entreprises…) franchissent le pas afin que la France ne rate pas le coche.

C’est déjà une urgence puisque d’autres États se positionnent déjà en Crypto Valley mondiale – et puisque l’esprit de la blockchain porté depuis des années par les cyberpunks est d’avancer coûte que coûte quelques soient les limites, quelques soient les frontières.

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