Télémédecine : un nouveau souffle pour la relation patient-médecin

La pratique de l’exercice médical a évolué au fil des innovations. La télémédecine en est la plus récente et doit être déployée à grande échelle pour faciliter le travail des médecins et améliorer la prise en charge de leurs patients.

Médecin est un dur métier. Passionnant, mais aux conditions d’exercice difficiles, qui impliquent stress, horaires harassants et salles d’attente combles. Heureusement, la technologie permet aujourd’hui d’améliorer le confort de la pratique médicale et de résorber la pression que supportent médecins et patients, en fluidifiant leurs interactions. Si l’on parle tant de la télémédecine, c’est parce que ce service y participe activement et que son remboursement par la Sécurité sociale, dès le 15 septembre, va faire sauter le principal frein à son adoption.

La visioconférence : un apport majeur

La télémédecine n’est que la mutation technologique d’une pratique ancienne. Les médecins prodiguent depuis longtemps déjà des conseils téléphoniques à leurs patients, ou s’appellent entre eux pour discuter d’un dossier médical. De la même façon, les centres 15 disposent le plus souvent de médecins généralistes pour donner des conseils par téléphone.

La première véritable innovation de la télémédecine est donc celle du recours à la visioconférence : pour les médecins, une grande partie du diagnostic se fait à l’examen visuel de l’aspect, la démarche et l’attitude du patient. À la différence du téléphone, la visioconférence leur permet de voir directement ces éléments de diagnostic et ainsi de se concentrer immédiatement sur les questions médicales précises, plutôt que de passer du temps à s’imaginer le malade à l’autre bout du téléphone.

Sécurité et traçabilité des données

Le second apport majeur de la télémédecine est la sécurisation des données, rendue possible par la technologie, là où, à l’heure actuelle, elles transitent par des biais non sécurisés. Par exemple, dès la sortie d’une hospitalisation, le patient pourra transmettre de façon immédiate et sécurisée les résultats d’examen et l’ordonnance de sortie à son médecin traitant pour que celui-ci en soit informé, adapte sa prise en charge et puisse accompagner le malade. Les nouvelles technologies permettent désormais d’envoyer ces données par des moyens cryptés et ainsi de garantir la sécurité d’informations médicales — très — sensibles.

Cette numérisation des données garantit également une meilleure conservation que le papier, qui brûle et vieillit, et surtout la traçabilité de l’acte. On demande de plus en plus aux médecins de garder des traces de leurs actes, souvent pour des raisons d’assurance, mais jusque-là, un conseil prodigué au téléphone n’était pas toujours conservé dans un dossier. En outre, aujourd’hui, un diagnostic ne s’établit plus par la seule auscultation du médecin mais passe par des examens complémentaires : imageries, prises de sang, avis spécialisés etc. Le travail du généraliste est donc non seulement d’examiner le patient mais aussi de le prendre en charge à la lumière de ces éléments. La télémédecine permet donc, au travers d’applications, de les regrouper pour déployer une approche holistique de la santé du patient.

Améliorer la vie des malades chroniques

Les malades chroniques — qui représentent la majeure part d’une patientèle — doivent se rendre très régulièrement chez le médecin ou à l’hôpital. C’est la double peine : en plus de leur santé, leur vie professionnelle et personnelle sont affectées. Aux premiers stades, ces patients ont besoin d’une éducation à la maladie (que le médecin leur en explique les symptômes et complications éventuelles) et au traitement (les diabétiques par exemple ont besoin d’apprendre à faire leurs piqûres et gérer leurs traitements). Ils ont par la suite besoin de suivi et de renouvellements d’ordonnances réguliers. En leur épargnant la contrainte de se déplacer fréquemment pour des consultations qui ne nécessiteraient pas de présence physique, la télémédecine promet à ces patients une amélioration considérable de leur qualité de vie.

Rationaliser les consultations

Concrètement, la télémédecine va permettre aux médecins d’organiser leur emploi du temps entre des rendez-vous physiques et par visioconférence. Ils pourront donc planifier des créneaux de consultation par télémédecine, pour des patients éloignés et pour leur patientèle habituelle qui n’a pas besoin de rendez-vous physique, s’épargnant ainsi des déplacements. Ils pourront aussi donner des consultations non planifiées, et ainsi la prise en charge des patients "entre deux rendez-vous" sera facilitée. La souplesse de la télémédecine permettra de les prendre en consultation par visioconférence sur des créneaux libérés. Et dernier apport - non des moindres pour les médecins - le remboursement de la télémédecine va permettre la rémunération et donc la valorisation de ces actes médicaux, enfin reconnus à leur juste valeur.

Le système de santé français, qui s’articule autour du médecin traitant, est précieux : chaque patient dispose ainsi d’un interlocuteur central qui organise la prise en charge de ses soins. En aucune façon la télémédecine n’a vocation à y suppléer, mais au contraire à améliorer la qualité du suivi des patients en rationalisation les consultations et en apportant un nouvel outil de prise en charge. La technologie, bien loin de menacer le lien patient-médecin, pourrait au contraire lui donner un nouveau souffle.

Annonces Google