L’insurtech, moteur silencieux de la French Tech

Plus flexible, plus rapide quand il s'agit de s'étendre à d'autres pays, et complètement axée sur les besoins des clients, l'insurtech a des arguments de taille face à l'assurance traditionnelle.

Pas une semaine ne passe sans que de nouveaux acteurs de l’assurance ne défraient la chronique, à tel point qu’en très peu de temps, les innovations dans le secteur de l’assurance ont même été dotées de leur propre nom, l’insurtech. Depuis seulement le début du mois, la Berlinoise WeFox a levé 111 millions d'euros et la Française Shift Technology, spécialisée dans l’intelligence artificielle, 60 millions de dollars. Le phénomène est tout aussi impressionnant en France ou le secteur des nouvelles technologies connaît un essor massif depuis quelques années. Selon une étude de Klein Blue Partners, on comptait 50 start-up française pour ce domaine en 2017, dont la moitié créées en 2015 ou 2016. L’insurtech vient soutenir et accompagner cette vague de croissance du numérique, en offrant des solutions bien plus adaptées à ces sociétés digitales, qui se développent à l’international beaucoup plus tôt et plus rapidement que les sociétés traditionnelles.

En 2018, la France est le deuxième pays d’Europe derrière le Royaume-Uni en matière de levées de fonds, et a récolté un montant record d’investissements de 1,95 milliard d’euros au premier semestre 2018, selon le baromètre Ernst & Young. Or, qui dit levées de fonds, dit expansion géographique, pour laquelle l’insurtech joue un rôle absolument fondamental en coulisse quand il s’agit d’accompagnement à l’international. L’insurtech est en quelque sorte le moteur silencieux de la French Tech. En offrant des services plus agiles et flexibles, les nouveaux acteurs de l’assurance ont de nombreux avantages qui sont adaptés aux start-up.

Flexibilité

Premièrement, les nouveaux acteurs de l’assurance offrent un modèle flexible, en mode pay as you go, qui accompagne les plateformes de la nouvelle économie et réduit significativement  les coûts fixes. Ce nouveau type de solutions minimise les risques pour des sociétés jeunes aux fonds limités, avec des produits offrant une protection personnalisée, à coûts variables, complètement drivée par les besoins du client et modifiable en quelques clics.

C’est une option particulièrement attractive pour les travailleurs indépendants par exemple. Leur nombre a  augmenté de 25% en France au cours des dix dernières années, jusqu’à atteindre environ 2,8 millions de personnes en 2017, selon le Haut Conseil pour le financement de la protection sociale. Ils seraient aujourd’hui encore 31 % à considérer que leur contrat d’assurance ne convient pas à leur usage. Face aux grands acteurs du secteur de l’assurance, les insurtech offrent des solutions adaptées à la nouvelle économie qui répondent aux besoins d’un travailleur indépendant, qui souhaite activité sa protection à la demande durant ses heures de travail.

Adaptabilité géographique

Deuxièmement, les acteurs de l’insurtech permettent d’accompagner les start-up dans leur expansion géographique de manière bien plus rapide et efficace. Grâce au digital, se développer dans de nouveaux marchés n’a jamais été aussi simple. Les start-up n’ont plus de frontières et peuvent aisément se lancer dans un nouveau pays, ou même sur un autre continent, en très peu de temps et sans nécessiter de licence particulière. En revanche, les assurances, elles, sont éminemment locales, et toujours soumises aux spécificités propres à chaque pays.

Dans un milieu qui évolue presque instantanément, les start-up ont besoin d’un acteur agile, flexible, capable de s’adapter et de le suivre dans son développement, pas de le freiner. Avec une insurtech, fondée sur les prémisses d’une offre à potentiel global, les produits et services sont développés de telle manière que l’adaptation d’un marché à l’autre est extrêmement légère et fluide. Sans comparaison avec les acteurs traditionnelles de l’assurance, avec une solution d’insurtech, le délai pour un lancement dans un nouveau marché est réduit à environ 3 à 6 semaines. Auprès d’une société d’assurances traditionnelles, la même démarche peut  prendre de 6 mois à un an.

Data-driven

Enfin, les insurtech tirent parti des données avec une précision et une agilité contre laquelle les acteurs traditionnels ne peuvent pas rivaliser. Les solutions d’assurances digitales ont un avantage non négligeable sur l’assurance classique : celui de pouvoir collecter des données d’utilisation, et ainsi d’identifier en temps réel les besoins de leurs consommateurs.

Complètement axé sur la communauté, les insurtech peuvent s’assurer de proposer le meilleur produit et la meilleure couverture possible en s’adaptant tout simplement à la demande et aux habitudes de l’utilisateur. Cela permet en outre de réduire de façon considérable les frictions, et par conséquent les coûts administratifs, qui sont quasiment ramenés à zéro, contre une moyenne de 30% chez les grands acteurs de l’assurance traditionnelle. Le data leveraging permet aux insurtech d’offrir des solutions bien plus adaptées et économiques à une start-up qui s'étend géographiquement. Tout est automatisé, ce qui signifie aussi la fin de la paperasse - ce qui n’est généralement pas pour déplaire au consommateur.

Les insurtech promettent des réponses plus conformes à la réalité de la nouvelle économie, permettant d’alimenter la croissance et l’expansions de la French Tech. Les produits d’assurance resteront de nature complexe : on cherche à protéger l’usager des accidents singuliers, il est donc primordial de ne pas tomber dans la simplification et de maintenir un standard de qualité pour les solutions proposées. Mais l’insurtech s’inscrit parfaitement dans les progrès de l’économie actuelle, qui exigent une plus grande flexibilité, et surtout une plus grande transparence. Un virage nécessaire pour accompagner au mieux les entrepreneurs, et leur permettre de se développer en toute sérénité.

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