Transfert d’argent : comment les banques ont imposé une taxe internationale cachée

Une nouvelle réglementation européenne force les banques à être plus transparentes sur les frais de transactions qu'elles facturent au sein de l'Union européenne.

La nouvelle loi de l'Union européenne sur la réglementation des paiements transfrontaliers vient d’être publiée dans le Journal officiel. Celle-ci force les banques à être transparentes sur ce qu'elles facturent lors de transferts d'argent au sein de l'UE. En effet, jusqu'à présent, des banques comme la Société Générale ou HSBC pouvaient vous annoncer un montant mais en facturer un autre. Ainsi, les coûts étaient souvent majoré (jusqu’au double) sans que le consommateur s'en aperçoive, avec à l’arrivée un montant décevant de l'autre côté.

Frais cachés pour l'envoi de 1 000 € vers le Royaume-Uni (livre sterling) de deux grandes banques françaises

Banque      Le coût qui est annoncé        Ce qu'elles ne disent pas       Coût total
HSBC      12,50 €         19,47 €    31, 97 €
Société Générale      13,00 €        14,18 €  27, 18 €

Source : Recherche de Consumer Intelligence, décembre 2018

Des frais cachés basés sur un taux de change volontairement majoré

La majorité du coût d'une transaction est cachée dans un mauvais taux de change, c'est d’ailleurs ce qui permet aux banques de facturer le double. Grâce à cette nouvelle loi, dans un an, il sera illégal pour les banques de cacher leurs frais comme elles le font aujourd'hui. C'est une étape déterminante qui fera économiser 900 millions d’euros par an aux consommateurs européens, aux personnes qui voyagent, qui travaillent à l'étranger ou qui ont des entreprises internationales,  d'après des calculs de la Commission européenne, 

Mais, cette victoire n’est que la première étape. À l'heure actuelle, seuls les transferts au sein de l'UE deviennent transparents : pourquoi cela n'est pas également le cas dans le reste du monde ? Ne peut-on pas comparer cela à une taxe bancaire internationale cachée ? Car, si cette pratique venait à être purement interdite pour toutes les transactions, qu'elles soient internes à l'UE ou non, les Européens devraient gagner au moins quatre milliards d'euros par an.

Quand la France donne l'exemple

La France est en effet à l’avant-garde du mouvement qui s’opère vers plus de transparence. Après une enquête approfondie menée par UFC-Que Choisir l'été dernier, une réclamation officielle a été déposée contre les pratiques trompeuses de Western Union et de Moneygram. Un fait qui aurait été encore impensable il y a quelques années.

En revanche, du côté des banques françaises beaucoup reste à faire. Aujourd'hui, BPCE est le seul groupe bancaire traditionnel qui s'est engagé à être totalement transparent vis-à-vis de ses clients. Si Moneygram et Western Union ne sont pas autorisés à tromper les consommateurs, les banques ne devraient pas l'être non plus. C’est pourquoi, les institutions financières françaises doivent s'emparer du sujet et s'investir en faveur des nouveaux critères de transparence et ne plus accepter des pratiques injustes pour les consommateurs. Si elles ne se prennent pas les devants, elles finiront dans tous les cas par y être contraintes.

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