Catastrophes naturelles : les insurtech à la rescousse des assureurs

La récurrence des catastrophes naturelles a laissé des assureurs désemparées devant l’ampleur de certains sinistres. Les insurtech pourraient les aider à mieux traiter les incidents.

La transition est en marche. À l’échelle mondiale, nous faisons face à un nombre de catastrophes climatiques sans précédent : tempêtes, inondations, vagues de chaleur, incendies, tremblements de terre... En 20 ans, le coût des catastrophes naturelles a explosé. Si les pays les plus affectés sur le plan économique sont les Etats-Unis, la Chine et le Japon, la France fait partie des dix pays les plus touchés, avec un coût estimé à trois milliards d’euros par an. L’année 2018 a été la quatrième la plus coûteuse depuis 1980, en termes de pertes assurées.

Porter secours en temps de crise est l’essence même du secteur de l’assurance. Mais, pour remplir cette mission, il devrait être moteur de transformation technologique, soutiennent certains observateurs. Or, l’assurance peine encore à trouver le modèle qui lui permettrait de tirer parti des évolutions technologiques, pour une meilleure qualité de service. C’est là que les insurtech entrent en jeu. Comment ? En travaillant avec les compagnies d’assurance, elles permettraient de gagner en efficacité, tout en donnant la possibilité aux assureurs de se concentrer sur la personnalisation et l’empathie.

La technologie serait, à n’en pas douter, un atout quand nous observons qu’aujourd’hui encore, il est difficile pour le secteur de gérer un volume important de sinistres (le nombre des sinistres peut dans certains cas aller jusqu’à des dizaines de milliers par jour). Les assureurs doivent, en effet, faire preuve de rapidité et d’efficacité afin de déterminer quels assurés ont été touchés, avec quelle sévérité et plafond de garanties. Ils doivent aussi trouver un moyen de réduire les risques car, dans la plupart des cas de catastrophes naturelles, les dommages ont tendance à s’aggraver une fois le sinistre survenu. En somme, plus on intervient rapidement pour limiter les dommages dus au sinistre, en érigeant des barrières de protection ou en recouvrant une toiture endommagée par exemple, plus le coût du sinistre est réduit.

Il convient cependant de nuancer : si la technologie peut permettre d’optimiser les processus, elle pourra être inopérante après une catastrophe climatique, puisqu’ Internet et les lignes électriques sont généralement indisponibles ! Ceci dit, si l’insurtech ne résout pas tout, elle pourra faciliter considérablement la tâche des assureurs.

Du big data aux chatbots 

Les insurtech peuvent fournir des instruments et des moyens permettant de répondre aux besoins des assurés sinistrés. Il existe aujourd’hui pléthore de technologies, mais elles sont à considérer avec mesure. Les drones, par exemple, déployés par les insurtech lors de catastrophes, permettent d’évaluer, en toute sécurité, un sinistre à grande échelle, et d’amorcer les phases d’inspection des dommages dans des zones inaccessibles autrement. Bien que ce modèle de service connaisse une certaine popularité, il ne représente pas une solution durable. Pour les assureurs, avoir au sein de leurs effectifs des pilotes de drones reste prohibitif. Le service à la demande WeGoLook, réseau international spécialisés dans la récolte de données et qui s’occupent d’effectuer des tâches de terrain sur-mesure, permet de faire appel à des pilotes de drones en situation de crise de façon ponctuelle. Malgré tout, certains assureurs se montrent réticents à faire appel à un tiers, craignant de perdre la maîtrise du niveau de service proposé.

Les chatbots peuvent aussi être un moyen efficace. Le recours aux chatbots pour les déclarations sinistre ou les FAQ permet aux assureurs d’ouvrir un dossier de sinistre en seulement quelques minutes ou fournir des réponses aux questions pressantes du type : "comment calfeutrer ses fenêtres pour limiter les dégâts liés à une tempête ?" ou encore "que faire si des biens ont été endommagés suite à un incendie ?". Bien que ces outils ne puissent se substituer à une interaction humaine pour les assurés désireux de parler à un expert en "direct", ils restent intuitifs

Une collaboration nécessaire 

En somme, si la technologie fait partie de la stratégie de réponse aux catastrophes naturelles des assureurs depuis plusieurs décennies, il leur manquait jusqu’ici la technologie qui permettrait de véritablement changer la donne. La liste des insurtech est longue, et nous l’avons compris, il peut exister des freins à leur adoption. Les insurtech développent un éventail de solutions qui répondent à des cas d’utilisation variés plutôt que d’apporter une réponse précise à des scénarios concrets. Ce sont, en effet, les assureurs qui connaissent encore le mieux leur secteur et leurs clients, sans toutefois être en mesure de suivre le rythme technologique imposé par les start-up. Il y a donc une nécessité de collaboration.

En travaillant ensemble, les insurtech et les assureurs peuvent mettre en place des outils sur mesure pour accélérer l’innovation, rendre plus efficace le cycle de vie des assurances et améliorer le service client. Compte-tenu des coûts astronomiques liés aux dommages causés par les catastrophes naturelles, et de leur récurrence, les assureurs doivent mettre à profit toute la puissance des insurtech pour transformer la promesse du secteur en polices d’assurance efficaces.

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