La Suisse veut devenir leader dans les fintech

La Suisse veut devenir leader dans les fintech La région de Zoug veut devenir la prochaine Silicon Valley spécialisée dans l'innovation technologique et notamment dans la blockchain. Une association regroupant tout l'écosystème et soutenue par l'Etat a été lancée.

Les Etats-Unis ont leur Silicon Valley, la Suisse aura sa crypto Valley. La région de Zoug s'est en effet organisée depuis quelques temps pour accueillir tout un écosystème évoluant dans le giron de la cryptographie et de la blockchain. Preuve en est, le lancement d'une association regroupant des professionnels de divers horizons, dénommée Crypto Valley Association. Son siège social se trouve évidemment à Zoug, et a pour ambition de participer au développement de la blockchain et de la cryptologie liée aux technologies et au monde des affaires. Son objectif est d'aider les start-up à se lancer, d'établir des recommandations de bonnes pratiques pour les entreprises, financer des programmes de recherche, d'organiser des conférences et des hackatons (regroupements de développeurs pour travailler de manière collaborative au développement de nouvelles innovations). Soutenue par l'Etat helvète et le gouvernement local, l'association a été fondée par plusieurs grands noms du venture capital, des médias, des entreprises technologiques et des start-up du secteur comme PwC, UBS, Thomson Reuters, ConsenSys et l'Université de Lucerne.

Crypto Valley Association a été fondée par plusieurs grands noms du venture capital, des médias, des entreprises technologiques et des start-up du secteur

Le pays a ainsi développé un environnement réglementaire très favorable pour attirer les entreprises du secteur. En réduisant les barrières et les exigences pour les fintechs, l'objectif est d'attirer des talents et des entreprises dans ce domaine, qui seront les pépites de demain. C'est par exemple ce que la société américaine Xapo, spécialisée dans la mise à disposition d'un portefeuille de bitcoin, a fait comme chemin. Après avoir obtenu l'autorisation d'opérer en Suisse, l'entreprise a finalement déplacé son siège social de San Francisco vers Zoug.

La ville a par ailleurs été à la pointe de l'innovation en lançant un programme sur 6 mois permettant d'utiliser le bitcoin partout, notamment pour payer les services de la municipalité. Un programme largement confirmé par les représentants municipaux pour durer. Les autorités suisses, très ouvertes aux fintechs et en particulier celles utilisant les bitcoin, souhaitent étendre l'utilisation des innovations résultant de ces nouveaux acteurs. Ainsi, plusieurs initiatives sont déjà en cours, comme la vente de bitcoin dans plusieurs milliers de kiosques de ventes de billets. EY, de son coté, commence à accepter depuis peu à être payé en bitcoin pour les services vendus à ses clients.

Ainsi, avec le lancement de l'association Crypto Valley et l'engagement de la région de Zoug et de l'Etat, ces initiatives montrent que la Suisse cherche à devenir leader en Europe dans le développement et la recherche sur la blockchain. Un rôle que le pays se dispute avec Londres, qui pourrait d'ailleurs perdre cette place de leader dans l'innovation technologique et dans le lancement de nouvelles entreprises innovantes, une fois sortie de l'UE. Car comme le soulignait le dirigeant d'une fintech française : "Londres joue un véritable rôle de moteur dans l'innovation et je pense que le Brexit n'est pas une bonne nouvelle dans ce domaine". La Suisse arrivera-t-elle à prendre la relève? En tout cas, elle s'y attelle.

Article originel publié sur WanSquare par Marianne Lagrange le 10/03/2017.

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