Lydia lève 13 millions, nouveau signe de la maturité du paiement entre particuliers

Lydia lève 13 millions, nouveau signe de la maturité du paiement entre particuliers Porté par l'arrivée des Gafa et un marché européen très favorable, en particulier l'Hexagone, le secteur du paiement entre particuliers enchaîne les investissements record.

Après une levée de fonds de 7 millions d'euros fin 2016, l'application de paiement mobile Lydia réalise un nouveau tour de table de 13 millions d'euros et fait entrer CNP Assurances dans son capital. L'assureur n'est pas la seule institution financière à miser sur le secteur du paiement entre particuliers. En juillet dernier, le concurrent de Lydia, Pumpkin, a été racheté par Crédit Mutuel Arkéa pour un montant non communiqué. La banque mutualiste a par ailleurs annoncé investir 15 millions dans la start-up pour les trois prochaines années.

Ces deux exemples ne sont pas des cas isolés. Ces derniers mois, les levées de fonds dans le secteur se sont multipliées en France et dans le reste de l'Europe. Le record est attribué au Britannique Transferwise qui a réuni 280 millions de dollars en novembre 2017. Le paiement entre particuliers n'est plus une niche qui séduit seulement les jeunes, premières cibles de ces fintech. Comme l'avait prévu les Lydia & co, les millennials ont poussé leur entourage à utiliser leurs applications. Peu à peu, leurs amis s'y sont mis, puis leurs parents et à leur grande surprise les grands parents. Résultat, chaque nouvel utilisateur de Pumpkin génère à lui seul six utilisateurs.

En juillet dernier, le concurrent de Lydia, Pumpkin, a été racheté par Crédit Mutuel Arkéa

"On est en train de vivre une révolution. Cela fait 27 siècles que le cash est présent dans les échanges. Il se marginalise enfin. C'est un moment historique", se réjouit Cyril Chiche, patron de Lydia. Même l'Allemagne, pays du cash par excellence, délaisse les billets et pièces en euros, comme le décrit un rapport de la Bundesbank.

Ce phénomène est en partie dû à l'arrivée des GAFA sur le secteur du paiement. Facebook Messenger a lancé le paiement entre particuliers en 2015 et a étendu la fonctionnalité au Royaume-Uni et en France fin 2017. Apple a sorti en fin d'année dernière son propre service Apple Pay Cash aux Etats-Unis. Ces mastodontes n'ont pas fait d'ombre aux fintech européennes qui ont déjà conquis des millions d'utilisateurs. Au contraire, ils ont mis un gros coup de projecteur sur le secteur. Et les acteurs locaux en ont profité. "On n'a jamais crû aussi vite. On prévoit de doubler notre nombre d'utilisateurs fin 2018 pour arriver à 2 millions", indique Cyril Chiche, qui remercie Facebook de communiquer massivement sur sa fonctionnalité de paiement.

Des expansions internationales à la chaîne 

L'arrivée d'autres acteurs participe aussi à la maturation du secteur. Avec d'importants moyens de communication, les grosses fintech du domaine, comme Transferwise et Circle Pay, se sont déployées dans toute l'Europe en quelques mois. Et pour elles, la France n'est pas un marché comme les autres : l'Hexagone est le deuxième marché en Europe de Transferwise, derrière son pays d'origine le Royaume-Uni. Six mois après son lancement en France, l'Américain Circle Pay a même décidé d'ouvrir un bureau à Paris. "La concurrence locale nous a aidé à rentrer sur le marché français. Il y a une compréhension du produit très approfondie ici, bien plus que dans d'autres marchés", nous a expliqué Marieke Flament, directrice générale Europe de la start-up.

Cette expansion européenne est valable dans l'autre sens. Pumpkin prévoit d'ouvrir entre trois et quatre villes européennes au deuxième semestre 2018. Lydia a investi quatre pays européens fin 2017 et compte bien continuer en 2018 avec pourquoi pas l'Allemagne et l'Autriche. "On est encore au début de cette révolution historique. On parle maintenant de centaines de millions d'utilisateurs", avance Cyril Chiche.

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