Revolut lève 250 millions de dollars et entre dans le club des licornes

Revolut lève 250 millions de dollars et entre dans le club des licornes La néobanque britannique compte ouvrir une multitude de nouveaux pays. Elle vise 100 millions de clients d'ici cinq ans.

Les investisseurs braquent les néobanques. Un mois après la levée de fonds record de l'Allemande N26 à 160 millions de dollars, c'est au tour de sa concurrente Revolut de faire part de son tour de table, record aussi : 250 millions de dollars. L'opération a été menée par le fonds russe DST Global, qui n'avait jamais investi dans la société auparavant. Tous ses investisseurs institutionnels historiques comme Index Ventures et Ribbit Capital ont remis le couvert. Grâce à ce financement, la valorisation de la néobanque atteint 1,7 milliard de dollars, ce qui la fait entrer dans le club fermé des licornes. Elle dépasse de peu le spécialiste du transfert d'argent Transferwise dont la valorisation s'élève à 1,6 milliard de dollars (suite à sa levée de fonds de 280 millions de dollars en novembre 2017). N26 ne communique quant à elle pas sa valorisation. Depuis sa création en juillet 2015, Revolut a levé 340 millions de dollars, via des VC et du crowdfunding.

Les levées de fonds de Revolut
Date de la levée de fonds  Montant de la levée de fonds Investisseur(s)
Juillet 2015 1,5 million de livres (2,3 millions de dollars) Balderton Capital
Février 2016 3,2 millions de livres (4,8 millions de dollars) Balderton Capital, Index Ventures (1 million de livres), Point Nine, Seedcamp, Venrex et des business angels
Juillet 2016 7,75 millions de livres (10 millions de dollars) Balderton Capital, Index Ventures, Ribbit Capital, crowdfunding sur CrowdCube (1 million de livres)
Juillet 2017 66 millions de dollars Balderton Capital, Index Ventures, Ribbit Capital
Août 2017 5,3 millions de dollars Crowdfunding sur Seedrs
Avril 2018 250 millions de dollars DST Global, Index Ventures, Ribbit Capital

"Cette levée de fonds nous conforte dans nos ambitions", se félicite Benjamin Belais, general manager France de Revolut. "Les levées de fonds sont toujours des périodes excitantes mais cela ne changera rien aux méthodes de travail que nous menons depuis trois ans et qui consiste à proposer le meilleur produit sur le marché." Les fonds levés serviront à l'expansion internationale de la société, notamment en Australie, Afrique du Sud, au Canada, aux Etats-Unis, en Inde, au Mexique, au Japon, à Singapour ou encore Hong-Kong. La néobanque est pour l'instant présente dans 31 pays euros européens, dont les 28 de la zone euro et compte huit bureaux sur le continent. L'implantation dans ces nouveaux pays se fera au fur et à mesure. "Nous irons dans les pays anglophones dans un premier temps car certains sont très exposés au taux de change. Nous sommes déjà prêts à nous lancer dans certains pays dans les semaines à venir tandis que dans d'autres nous sommes encore en discussion avec le régulateur donc l'ouverture se fera dans quelques mois", précise Benjamin Belais.

"Aux Etats-Unis, il y a plusieurs dizaines de milliers de personnes sur notre file d'attente"

Pour conquérir des clients, Revolut ne prévoit pas forcément d'investir dans du marketing, comme en Europe. "On ne s'interdit pas de le faire. Aux Etats-Unis par exemple, il y a déjà plusieurs dizaines de milliers de personnes sur notre file d'attente", souligne le dirigeant français. Les fonds serviront également à recruter, principalement des ingénieurs et designers. Le nombre de salariés doit passer de 350 à 800 d'ici la fin de l'année.

La société a aussi un objectif de taille : atteindre la barre symbolique des 100 millions de clients dans le monde d'ici cinq ans. Un chiffre qui détonne quand Orange Bank vise 2 millions de clients en France d'ici 10 ans. "C'est un objectif assez ambitieux mais quand on voit qu'on va atteindre les 2 millions d'utilisateurs en trois ans avec seulement de la croissance organique sans marketing, c'est une projection réaliste", estime Benjamin Belais. Aujourd'hui, Revolut revendique près d'1,8 million d'utilisateurs (220 000 en France), 250 000 utilisateurs actifs quotidiens et 800 000 mensuels. Elle enregistre entre 6 000 et 8 000 nouveaux clients chaque jour, contre 1 000 nouveaux clients en moyenne à ses débuts.

Pour attirer et fidéliser des clients, la néobanque compte étoffer son offre en 2018. Elle proposera notamment des produits d'investissement basés sur des ETF (exchange traded fund, des fonds indiciels cotés en bourse), des outils de budget et ajoutera de nouvelles crypto-monnaies à son service d'achat-vente (elle propose déjà du bitcoin, de l'ether et du litecoin). Elle pourrait aussi proposer des produits financiers plus classiques si elle obtient sa licence bancaire européenne, demandée en novembre dernier. "La licence nous permettrait par exemple de faire directement du crédit au lieu de passer par un partenaire comme c'est le cas actuellement au Royaume-Uni", illustre le dirigeant. Ces produits seront disponibles en France, le deuxième pays de Revolut en nombre d'utilisateurs.

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