Libra : le white paper de la crypto-monnaie de Facebook est en ligne

Libra : le white paper de la crypto-monnaie de Facebook est en ligne Le white paper de la future crypto-monnaie de Facebook est désormais accessible sur un site Internet dédié. Elle sera baptisée Libra.

[Article mis à jour le 18 juin 2019 à 11h18] Le white paper de Facebook a été mis en ligne ce jeudi 18 juin sur un site dédié : Libra.org. Il est disponible en neuf langues dont le Français. 
Ce n'était qu'une question de temps. Facebook est bel et bien en train de travailler sur une crypto-monnaie. Depuis plusieurs semaines, les informations sur ce projet secret fusent dans la presse américaine et britannique. Le géant américain n'a en revanche jamais pris la parole publiquement sur le sujet et n'a jamais confirmé ni infirmé les informations parues dans les médias. Les doutes seront dissipés le 18 juin 2019, comme l'a révélé un journaliste allemand, date à laquelle le white paper (document de présentation) de la crypto sera publié. Le nom de la crypto-monnaie de Facebook serait soit Libra (nom de code interne) ou GlobalCoin. Rien de surprenant étant donné la dimension planétaire de Facebook, qui compte 2,38 milliards d'utilisateurs mensuels à travers le monde au premier semestre 2019. Au total, plus de 2,7 milliards de personnes utilisent chaque mois au moins une plateforme de l'écosystème du groupe (Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp).   

Date de sortie : 2020

D'après la BBC, le GlobalCoin devrait sortir au premier trimestre 2020 et être disponible, dans un premier temps, dans 12 pays. Les tests pourraient commencer d'ici fin 2019. Concernant la crypto en elle-même, plusieurs informations ont également fuité. Selon le New York Times, la valeur d'un GlobalCoin sera indexée à un panier de cinq devises fiat (dollar, euro, livre sterling et yen et probablement à terme le yuan, selon Les Echos). Il s'agirait donc d'un stable coin, c'est-à-dire une crypto-monnaie stable. Par exemple, si le prix du bitcoin est à 10 000 dollars et que vous échangez 1 bitcoin contre du GlobalCoin, vous aurez donc 10 000 unités de GlobalCoin. Si le cours du bitcoin descend à 5 000 dollars, vous aurez toujours 10 000 dollars en GlobalCoin. En plus d'être stable, la crypto de Facebook serait échangée de façon instantanée puisqu'elle n'aurait pas besoin de passer par le réseau bancaire.

Selon Bloomberg, le réseau social développe la crypto pour les utilisateurs de la messagerie WhatsApp afin d'effectuer des paiements de pair à pair. Elle serait d'abord proposée au marché indien qui compte 200 millions d'utilisateurs par mois rien que sur cette messagerie.

Des discussions avec les régulateurs

Le géant américain ne se limiterait pas à du paiement en peer-to-peer et souhaiterait en faire un moyen de paiement en ligne. Il aurait discuté avec Visa et Mastercard, Western Union et des e-commerçants pour les convaincre de rejoindre son futur réseau de paiement.

Pour acquérir une crypto-monnaie, il faut se rendre sur un exchange. Selon plusieurs médias américains, Facebook est en discussions avec plusieurs gros acteurs du secteur. Coinbase, plus gros acteur américain, serait déjà partenaire du géant américain. Le site The Information indique de son côté que Mark Zuckerberg négocie aussi avec des banques afin d'équiper des distributeurs automatiques de billets qui permettraient de convertir les GlobalCoin en monnaie fiat. Le modèle économique, peu importe le cas d'utilisation, n'a en revanche jamais fuité.

Mark Zuckerberg a rencontré le gouverneur de la banque centrale anglais, Mark Carney

La firme de Menlo Park doit aussi discuter avec les régulateurs. Le Financial Times a révélé début juin que Facebook a entamé des discussions avec la Commodity and Futures Trading Commission (CFTC), l'agence américaine chargée de la régulation des bourses de commerce, notamment des contrats à terme et des produits dérivés aux Etats-Unis. Christophe Giancarlo, son président, a indiqué n'en être "qu'aux premiers échanges" avec le réseau social mais a déclaré que "c'était très futé", suite à une démo. "Nous ressentons un très vif intérêt à mieux comprendre ce produit. Cependant, on ne peut agir que suite à une saisine officielle, or rien ne nous a été présenté", a-t-il ajouté. Selon plusieurs médias américains, Mark Zuckerberg a déjà consulté le Trésor et la SEC, le gendarme financier US pour déterminer la nature du GlobalCoin. Les deux institutions n'ont pas confirmé ni infirmé ces informations. A noter également que le patron du géant US a rencontré le gouverneur de la banque centrale anglais, Mark Carney. 

100 personnes dédiées au GlobalCoin

Derrière ce projet, il y a toute une équipe montée en mai 2018, avec à sa tête le Français David Marcus, ancien vice-président de Messenger et ex-président de PayPal (2012-2014). Ce bon connaisseur du secteur des paiements a fait partie du conseil d'administration de la plateforme d'échanges de crypto-monnaies américaine Coinbase. Il a quitté cette fonction pour des raisons de conflits d'intérêt. D'après le site Cheddar, l'équipe comptait une quarantaine de personnes, dont des anciens de PayPal, en décembre 2018. Selon nos informations, corroborées par CNBC, ils sont à ce jour 100 personnes à travailler sur le projet. Une vingtaine de postes sont ouverts actuellement, notamment pour des profils d'analystes financiers et de data scientists pour son siège de Menlo Park mais aussi pour San Francisco, Singapour et Tel Aviv.

Facebook chercherait des partenaires pour opérer les nœuds du réseau… pour la somme de 10 millions de dollars l'unité

 

En revanche, rien sur la Suisse alors que le réseau social a déposé en mai 2019 les statuts d'une filiale de prestation de service dans la finance et la technologie au registre du commerce de Genève. Baptisée Libra Networks (en écho au nom de code interne du projet de crypto de Facebook), cette société est présidée par Majella Goss, dirigeante de Facebook Switzerland.

Cette entité ne serait pas en charge de l'infrastructure réseau. D'après The Information, Facebook a opté pour une fondation. Une façon de montrer que le géant américain n'aura pas le contrôle total de la crypto. Facebook a signé des partenariats avec une vingtaine d'entreprises pour sa future crypto-monnaie, selon le Wall Street Journal. Visa, Mastercard, Uber ou encore PayPal ont investi au moins 10 millions de dollars dans le projet.  Iliad est le seul français à faire partie de cette short list, d'après Les Echos. Cet investissement leur permet de détenir un nœud de la blockchain, qui sous-tend la crypto-monnaie. Chaque participant peut siéger dans la fondation que Facebook a créé en Suisse pour gérer la crypto.  Il est également  fort probable que la crypto-monnaie de Facebook sera à terme disponible chez ces partenaires. Facebook souhaiterait attirer une centaines d'entreprises d'ici fin 2019, soit quelques mois avant le lancement officiel de la crypto. Aucun indice sur la possibilité qu'ils accèdent aux données de paiement des utilisateurs. Car il ne faut pas oublier : Facebook est avant tout une grande agence de pub.

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