Grosses Mercedes et gros tarifs : le VTC Wheely à l'assaut des Parisiens aisés

Grosses Mercedes et gros tarifs : le VTC Wheely à l'assaut des Parisiens aisés Cette plateforme britannique se lance dans la capitale ce 16 septembre avec un service haut de gamme aux prix et temps d'attente élevés assumés.

A peine concentré par la fusion de Snapcar et Le Cab, le marché des VTC s'élargit à nouveau. Avec un nouvel arrivant venu d'outre-Manche : la start-up Wheely, dont le service démarre le 16 septembre à Paris. Lancée en 2010 sur un modèle d'appli de réservations de taxis, l'entreprise a rapidement pivoté vers un service de mise en relation avec les VTC. Présente à Londres et Moscou, elle revendique 100 000 utilisateurs mensuels actifs. Sa spécificité : un service de luxe aux prix élevés assumés. "Nous sommes 10 à 15% plus chers que Kapten et Uber (les plus onéreux du marché français, ndlr), mais en échange vous avez accès aux meilleurs chauffeurs minutieusement choisis", assure le fondateur de Wheely Anton Chirkunov.

Pour sélectionner ses chauffeurs, la société leur fait passer une sorte d'examen pour évaluer deux critères principaux : leur connaissance de la géographie de la ville et celle des standards d'un service de chauffeurs (récapitulés dans un livre édité par Wheely). Le Britannique leur prélève une commission de 20% sur chaque course. Un taux intermédiaire sur le marché français, entre un Uber à 25% et un Heetch à 15%.

Priorité au B2C

Wheely impose également la voiture que ses chauffeurs doivent conduire : une Mercedes classe S. Avec un seul modèle accepté et dont les premiers prix démarrent à 94 000 euros, la start-up se coupe forcément de la plupart des chauffeurs VTC du marché. Anton Chirkunov précise qu'en plus des indépendants, Wheely travaille aussi avec des sociétés de transports qui possèdent des Mercedes Classe S et peuvent les louer à des chauffeurs ou en employer pour qu'ils les conduisent.  Il a cependant refusé de nous préciser avec combien de chauffeurs il lançait son offre à Paris. Mais l'entrepreneur assure avoir "assez de chauffeurs pour lancer notre service à la demande avec un temps d'attente moyen de dix minutes". Une durée plus longue que sur les autres plateformes, tout aussi assumée que le prix, en échange d'une meilleure qualité de service, mais aussi parce qu'il est possible de réserver à l'avance.

Autre spécificité de la plateforme, malgré un positionnement haut de gamme, elle ne vise pas la clientèle d'affaires, pourtant la plus réceptive à des offres onéreuses, et se concentre plutôt sur le B2C. Wheely arrive à Paris uniquement avec son offre de luxe, First, à 70 centimes la minute et 70 centimes par kilomètre, le tout pour une course minimale à 16 euros. Son prix est plus bas que la plupart des plateformes par kilomètre (autour d'un euro), mais bien plus élevé à la minute (entre 15 et 35 centimes chez la concurrence). A 70 euros, son trajet vers l'aéroport Charles de Gaulle est lui-aussi largement supérieur au reste du marché. Wheely ajoutera plus tard une offre moins onéreuse, baptisée Business, et qui requiert des Mercedes Classe E côté chauffeur ("seulement" 60 000 euros minimum), ainsi qu'une option Van.

Peu de concurrence

C'est ce positionnement qui justifie pour Anton Chirkunov de se lancer à Paris, alors que le marché est particulièrement concurrentiel et qu'il est aujourd'hui difficile d'y générer des marges, entre les batailles marketing et les subventions des courses. "A Londres et Moscou, nous sommes en compétition avec d'autres plateformes de luxe similaires à la nôtre. Alors qu'à Paris, il n'y a aucun acteur dédié, et nos seuls véritables concurrents sont Uber Berline et Kapten Berline (leurs options haut de gamme, ndlr). Le marché est donc moins concurrentiel qu'ailleurs de notre point de vue."

Wheely a levé 28 millions de dollars depuis sa création, avec un dernier tour de table à 15 millions en avril 2019 pour préparer ce lancement à Paris. Son actionnariat est composé de fonds et de business angels. La start-up revendique un chiffre d'affaires annualisé sur la base de ces derniers mois de 80 millions de dollars et assure être déjà rentable à Moscou, ce qui lui permet de financer ses coûts fixes et d'investir dans sa croissance à Londres. Prix élevés et rentabilité, un cocktail peu commun sur le marché des VTC.

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