Un avion sans pilote, l'avenir du voyage d'affaires ?

Un avion sans pilote, l'avenir du voyage d'affaires ? Un premier vol d'essai a été couronné de succès en Grande-Bretagne. Une avancée qui pourrait bousculer le transport aérien.

Dans quelques années, y aura-t-il encore un pilote dans l'avion ? Au vu des dernières avancées technologiques, les machines pourraient bien prendre les commandes. Certes, le pilotage automatique existe depuis des lustres dans les avions mais, jusqu'à présent, il ne servait qu'à faciliter la tâche des pilotes. Pas à les remplacer.

C'est donc une véritable révolution qu'a connu le ciel britannique en avril dernier. Un Jetstream 31 sans âme qui vive dans le cockpit a décollé du comté de Lancaster et atterrit dans les Highlands. Un vol de 800 kilomètres couronné de succès qui repousse l'horizon du voyage de demain.

Un Jetstream 31 sans âme qui vive dans le cockpit a parcouru 800 kilomètres

Concrètement, l'homme a lâché les manettes, mais il reste maître du jeu. L'engin volant est commandé depuis le sol par un pilote, à la manière d'un drone. Sous la carlingue de cet avion test, des caméras haute définition l'aide à se diriger. A l'intérieur, des tas de capteurs électroniques lui transmettent toutes les données dont il a besoin.

Ces outils enregistrent aussi l'ensemble des réactions de l'appareil à son environnement, par exemple face au mauvais temps ou à la proximité d'un autre aéronef. Car, si l'appareil de 16 places ne transporte pas d'être humain, il partage l'espace aérien anglais avec les autres avions, leurs pilotes et leurs passagers en chair et en os. 

Cet avion déshumanisé dispose d'un système anticollision qui repère les autres appareils et lui permet de respecter les règles du trafic aérien. Autant dire que ce vol était scruté par les promoteurs du projet mais aussi par l'aviation civile britannique, qui soutient le projet.

La Grande-Bretagne s'enorgueillit d'être en pointe sur cette technologie. Le ministre de l'Economie qualifie ce vol de "pionnier". L'Etat et des entreprises privées du secteur ont apporté 63 millions de livres sterling (74 millions d'euros) à Astraea, le programme qui porte le projet.

Les potentialités de ce nouvel âge de l'aviation sont à ce jour difficiles à envisager. D'autres tests évaluent les opportunités dans le cadre de missions de secours, avec la possibilité de faire le plein de kérosène en vol et rallonger ainsi la durée de ces recherches.

Pour les vols commerciaux, à commencer par les voyages d'affaires en jet de petite taille, l'une des principales interrogations réside dans la réaction des passagers. Il faudra probablement du temps pour que tous montent à bord sans appréhension particulière. Il n'y a pas de pilote dans l'avion, et alors ?

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Le système "Sense & Avoid" vise à éviter les accidents. © BAE Systems

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