Peut-on salarier dans une société qui s’ubérise ?

L'ubérisation digitalise et remet en cause les certitude de l'économie. Impossible toutefois de revenir sur cette tendance de fond. Mais il est indispensable de faire en sorte qu'elle fasse plus de satisfaits que de déçus.

Ubérisation. Ce mot synthétise un phénomène lié à la digitalisation de notre société qui remet en cause les modèles d’économie traditionnelle.

Encensée par le consommateur, remise en cause par les acteurs traditionnels, on en oublie parfois le sort des travailleurs indépendants au service de ces plateformes. Au fur et à mesure, nous constatons la montée de deux courants au sein des travailleurs indépendants : les "satisfaits" puis les "déçus" qui peuvent d’ailleurs l’être à juste titre, nous le verrons plus tard…

Intéressons-nous tout d’abord à la catégorie des satisfaits. Que ce soit pour des plateformes de livraison, de restauration ou de conciergerie, les satisfaits apprécient leur situation. Pour eux, ce n’est qu’une situation temporaire ou complémentaire. Être travailleur indépendant leur apporte la flexibilité et les revenus dont ils ont besoin pendant une période donnée.

De revenu complémentaire ou temporaire, à revenu principal

Pour les "déçus", la situation est fondamentalement différente. La très grande majorité, voire l’intégralité, de leur salaire dépend de ces plateformes. Ces revenus leur servent à payer leur loyer, à entretenir leur outil de travail et c’est sur cette base qu’ils bâtissent tous leurs projets. Ils ne peuvent par conséquent ni prendre de congés payés ni tomber malade car l’impact sur leurs finances serait trop important. Ils subissent alors un lien de subordination et une pression de la performance évidente sans avoir de revenu minimum ou de couvertures s’ils ne peuvent plus produire. En somme, ils ont les inconvénients du statut de salarié... sans aucun des avantages

La transformation digitale doit inclure et pas exclure

En revanche, être contre l’ubérisation n’a pas de sens. Il faut être pour un système juste et gagnant pour tous ses acteurs. Aujourd’hui, il est gagnant pour les plateformes mais ne l’est pas pour les travailleurs indépendants.

Nous pouvons attendre que l’Etat apporte un équilibre à cette situation. Toujours est-il que le freelance qui gagne 2000€ par mois ne peut pas construire de projet auprès d’une banque, à cause du manque de stabilité lié à son statut. Toutes les évolutions de société ont un prix. Aujourd’hui, c’est le travailleur qui le paie. Attendre que les voitures autonomes et les drones de livraison soient opérationnels n’est pas la solution. Pire, c’est une exclusion.
 
Disrupter sans fragiliser

Il est indéniable que l’ubérisation a apporté de nombreux avantages, notamment grâce à la digitalisation des services. Chez youOrder, nous nous sommes d’ailleurs inspirés du système d’application mobile avec géolocalisation d’Uber pour performer notre service de livraison. Toutefois, pour assurer une pérennité à moyen et long terme, il semble indispensable de penser à l’humain et à ses conditions de travail. Le salariat des collaborateurs a un coût certain mais il présente aussi une grande valeur. 

L’apport est clair : il y a une meilleure implication dans la durée, une maîtrise de la chaîne de valeur et un renforcement de l’image de marque auprès des clients. Cela n’empêche pas pour autant à une entreprise de rester disruptive dans sa technologie et dans son exécution, tout en garantissant une stabilité aux employés. 

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