Le conseil est mort, vive l’évangélisation !

Les géants du web emploient depuis longtemps des évangélistes technologiques pour diffuser des idées sur le monde qui change, les nouvelles technologies et les nouveaux usages. D'ici quelques temps, les entreprises auront probablement aussi leur Chief Evangelist Officer.

Depuis quelques années une nouvelle espèce a fait son arrivée dans l’entreprise : les évangélistes. Qui sont-ils ? Que font-ils ? Pourquoi certains disent qu’ils sont le modèle qui disruptera les consultants ?

Aux Etats-Unis, des évangélistes partout !

Guy Kawasaki chez Apple, Vincent Cerf chez Google, Jeff Barr chez Amazon, les évangélistes technologiques sont dans toutes les grandes entreprises technologiques américaines. Les startups se les arrachent et les grandes entreprises font de plus en plus appel à eux. Un nouveau métier propulsé par la révolution digitale qui arrive en Europe. Leur rôle ? Diffuser des idées, raconter des histoires qui inspirent, qui engagent, créer des concepts  qui parlent à tout le monde, qui se répliquent de cerveaux à cerveaux : ce que les américains appellent évangéliser. Le terme est connoté en Europe et en particulier en France. C’est simplement un anglicisme parce qu’aucun équivalent français n’existe. Et ils évangélisent sur tout : technologies, business models mais aussi produits, services, design, révolution digitale, tendances… Google avait même jusqu’à récemment un évangéliste,  Chade-Meng Tan (leur Happy Good Fellow) qui a développé un programme d’éducation et d'entraînement interne chez Google sur l’intelligence émotionnelle et la méditation qu’ils ont ensuite diffusé massivement à l’extérieur de Google.

Contenus à très haute valeur ajoutée, format disruptif et aucun jour/homme à vendre !

Les évangélistes ne sont pas des consultants. Ils ne portent pas de costumes, ne disent pas aux clients ce qu’ils souhaitent entendre, ne font pas de slides, n’ont pas de titres hiérarchiques, ne sont pas corporates, refusent le bullshit, ne sont pas politiquement corrects, n’ont pas intérêt à vendre des missions de consulting, ni à favoriser leurs partenaires. Ils ont une très grande liberté sur leurs convictions et parlent à tout le monde de la même manière : aussi bien aux personnes en stage en entreprise qu’aux cadres dirigeants. On ne leur demande pas de vendre les produits de la société qui les emploie : simplement de raconter, de simplifier, de conceptualiser pour mettre en mouvement leur auditoire et inspirer. Ce ne sont pas des publicitaires non plus, ils cherchent avant tout à diffuser leurs convictions même et surtout si elles sont à contre courant.
Ils ont un format de prédilection : le talk. A la manière des ted talks américains, ils interviennent sur scène ou en petits comités dans les entreprises, diffusent leurs idées sur Youtube et Twitter, à la télévision, certains écrivent des livres et des articles. Au lieu d’accompagner les entreprises avec du conseil sur la durée, ils délivrent des contenus de très haute valeur ajoutée en un temps très concentré : souvent une heure voire deux. Ils engagent leur auditoire avec des analogies simples, des émotions et une vision forte sur des sujets stratégiques pour les entreprises.

Interconnectés dans un écosystème d’experts

Les évangélistes sont des hubs, ils connectent tous les experts sur leur sujets pour se créer des convictions fortes. Ils travaillent en étroite collaboration avec les tous les maillons de la chaîne d’un sujet: aussi bien les laboratoires de R&D que les forces de vente. Ils passent un temps considérable à ingurgiter de la connaissance, dans les livres, les publications scientifiques, les vidéos Youtube…Ils sculptent cette connaissance pour la délivrer de manière fluide.
Ils doivent être capables de se plonger dans la technique pour pouvoir expliquer et raconter des faits, puis ajouter leurs convictions et leurs. Pas question de raconter ce qui est déjà disponible et accessible partout. Les évangélistes doivent pouvoir apporter des concepts nouveaux qui vont influencer des mindsets et donc le changement. Ils passent du temps auprès de leur audience qu’elle soit en ligne ou In Real Life pour sentir l’impact de leurs messages et détecter les prochains signaux.

Le marché des évangélistes est très récent en Europe mais se développe très vite. C’est un nouveau métier du digital qui arrive principalement par les startups et les speakers bureaux. Dans les prochaines années, les entreprises innovantes équiperont leurs directions générales d’un Chief Evangelist Officer pour aller au contact de manière décontractée avec leurs équipes et leurs clients.

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