Demain, tous flexworkers ?

Que ce soit choisi ou subi, les actifs n’appartiennent plus à une entreprise, mais à un projet pour un engagement mutuel limité dans la durée : on ne se marie plus, on passe un bon moment ensemble ! Et ce sera de plus en plus le cas.

Les millennials, sont bien différents de leurs aînés dans leur rapport au travail qui n'a plus pour seule vocation d'assurer son existence matérielle. Nombreux actifs cherchent plus, ont besoin de missions professionnelles exaltantes pour être heureux et tout simplement s’engager. Il en est de même pour leur vie personnelle, d’où une véritable quête du juste équilibre entre professionnel et personnel. Pour la moitié d’entres eux, cette quête les amène à vouloir être indépendants (freelance, slasher, profession libérale, artisan, autoentrepreneur…).
Et à ce chiffre, il faut ajouter les salariés, aux multiples expériences, pour qui le travail est une succession de missions de courtes durées réalisées dans différentes entreprises. C’est le cas des intérimaires, des intermittents du spectacle ou encore des saisonniers.
Aujourd’hui les actifs, surtout ceux de la jeune génération, ont de nouvelles attentes. Qu’ils soient salariés en CDI, en intérim, en contrat court ou indépendant, il leur est vital d’être challengés et d’apprendre chaque jour, d’être nourris par la mission confiée. D’où l’intérêt pour nombre d’entre eux de changer régulièrement d’entreprises, d’être confrontés à de nouveaux environnements et de cumuler de nombreuses expériences.
Peut-être une réaction aux générations précédentes, attachées et rassurées dans la constance et le parcours certain de leur vie professionnelle, auxquelles ils préfèrent tourner le dos. Ou plus pragmatiquement la lucidité nécessaire de rester employable sur un marché du travail qui évolue si vite qu’il pourrait leur échapper.
 
Toutefois, les jeunes actifs ont souvent besoin d’être sécurisés pour franchir le cap de l’indépendance ou plus simplement de la mobilité. En effet, beaucoup d’entre eux sont freinés par la rigidité et les lourdeurs administratives pour gérer au quotidien leur entreprise, par le manque de respects des clients à qui ils proposent leurs prestations, par la complexité des relations contractuelles, par des délais de paiement à 60 jours voir plus et les conséquences sur leur trésorerie.
Ces obstacles amènent de très nombreux jeunes à opter pour l’intérim qui offre à la fois une forme d’indépendance et de flexibilité, tout en leur assurant un cadre sécurisant avec l’accès aux droits sociaux communs. En somme, les jeunes actifs recherchent des formules apportant indépendance et sécurité. La flexisécurité, pour cette génération, prend donc tout son sens et n’est plus un concept, mais bien un choix de vie.

Le jeune flexworker est-il l’avenir de l’entreprise ?

Les besoins des nouvelles générations répondent-ils aux modèles économiques mis en place dans les entreprises ? Y a-t-il un certain décalage entre les attentes de chaque partie ?
Pour faire face à une concurrence de plus en plus prégnante, l’entreprise doit être plus réactive que jamais et tendre vers une organisation plus agile, prête à faire face aux multiples interactions avec l’extérieur. Les entreprises employant des “flexworkers” font aujourd’hui moins appel à ces statuts pour pallier des situations imprévues (surcroîts de travail non anticipés, remplacements d’absences imprévues…) que pour faire face à des pics d’activité anticipés.
Le rythme des innovations s’accélérant, les problématiques rencontrées sont de plus en plus protéiformes, les réponses apportées le sont tout autant par nature. À cela ajoutons le constat que tant de nouveautés aussi peu prédictibles ne permettent pas d’anticiper et d’avoir tous les talents nécessaires au sein de l’entreprise au cas où !
Comme la plupart des entreprises n’ont pas les expertises nécessaires en interne pour répondre aux nouveaux besoins ou pour juste réaliser un projet ad hoc, elles sont de plus en plus nombreuses à préférer les flexworkers, qu’ils soient intérimaires ou freelances, plutôt qu’alourdir leur charge de travail administratif en embauchant un CDD (difficulté, durée et coût du recrutement).
Il leur faut donc naturellement trouver le bon talent au bon moment pour répondre à la bonne question. Et cette notion de talents touche tous les postes, toutes les compétences, dont l’entreprise peut avoir besoin.Toutefois, en contrepartie de l’exigence attendue par les entreprises, le jeune freelance oblige cette dernière à une relation bidirectionnelle. Cela soulève la difficulté que pose ce mode de communication, plus interactif que jamais et plus horizontal défiant ainsi les organisations à la hiérarchie encore traditionnelle. L’organisation en “mode projet” est amenée à devenir une norme, cassant les codes du management et de la gestion d’équipe classique.

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