Start-up et entreprises : les liaisons heureuses ?

Alors que la France compte de nombreuses structures d’accompagnement de start-up, que les collaborations avec les entreprises vont croissantes, il est aujourd’hui nécessaire de se poser la question de l’efficience. Et si l’accélérateur vertical était le modèle vertueux à la fois pour les start-up et les entreprises ?

La France, une start-up nation ?

La France compte environ 10 000 start-up. Un formidable vivier d’innovations et d’inspiration. Les structures d’accompagnement publiques et privées se sont multipliées : pépinières, incubateurs, accélérateurs, réseaux d’entrepreneurs... Au-delà du nombre, il y a la qualité et je crois que cela doit être une réelle source de fierté quand on voit le succès d’un Schoolab, NUMA, The Camp, Station F, The Family, BIC à Montpellier par exemple.


Et elles répondent à un vrai besoin. Une étude Xerfi France parue en début d’année indique que l'Hexagone compte plus de 300 organisations de ce type. D’ailleurs, 55% des start-up de moins de 5 ans y ont recours selon un baromètre réalisé par EY en 2017.

   

Clarifier pour plus d’efficacité avant une consolidation potentielle ?

Si ces différents formats d’accompagnement sont particulièrement vivifiants pour l’écosystème, il est aujourd’hui nécessaire de clarifier le positionnement et le rôle de chacun avec ses particularités. On trouve beaucoup de littérature sur les différents stades auxquels une start-up peut faire appel à un accompagnement. Un écosystème structuré existe pour les aider à réaliser leurs choix (BPI, France Digitale, les régions, etc.) et pour autant les start-up éprouvent des difficultés à s’y retrouver. De même certaines structures peinent à y trouver leur compte et sont à la recherche d’un nouveau business model (au-delà de l’équity, forfait mensuel ou par batch, ou de location de poste de travail). 


Une des solutions : proposer des approches plus verticales ou sectorielles, plus intégrées. L’autre solution sera probablement comme pour les universités, les écoles de commerce ou d’ingénieurs, de travailler la mise en réseau des structures entre elles avec une logique de partenariat domestique ou multi-local (entre régions) mais aussi international, avant probablement uneconsolidation du secteur qui comme tout business, après une phase de foisonnement, doit passer à l’échelle. Il faudra une taille critique sous peu pour émerger parmi les 300.

   

Développer les accélérateurs verticaux

A l’image d’incubateurs qui se sont positionnés sur des secteurs précis comme la biotech ou l’économie sociale et solidaire, il y a aussi la place pour des accélérateurs dit "verticaux". Ils gagneraient à se développer pour nourrir les start-up d’une expertise plus profonde dans leur domaine. Le moment de l’accélération est une phase clé de leur développement pour éprouver leur offre, leur service avant l’obtention de levées de fonds ou de financements.

 

Dans le travel et le e-commerce il existe quelques initiatives comme Welcome City Lab ou Open Tourisme Lab à Nîmes. Avec son accélérateur OUILink (nouveau nom d’ACT574), OUI.sncf propose ainsi un accélérateur dédié aux acteurs du e-commerce et du e-tourisme doté d’un cadre précis autour de quatre thématiques : la mobilité de demain, le compagnon malin personnalisé et proactif, les outils au service de l’efficacité technologique et l’organisation digitale de demain. En quatre batch, douze start-up sont passées dans nos murs avec une véritable valeur pour OUI.sncf et pour elles-mêmes, avec un batch 5 à venir.

 

La verticalité ne signifie pas silo ou isolement ! Les accélérateurs verticaux collaborent avec des accélérateurs généralistes, privés ou institutionnels ; donnent accès à leur réseau de partenaires ou aux filiales quand elles font partie d’un groupe et permettent de fédérer les start-up accélérées entre elles. L’objectif est de travailler en complémentarité, de s’intégrer dans un écosystème et de créer in fine des synergies gagnantes.

La force d’un accompagnement transversal

Qu’on propose un accélérateur généraliste ou sectoriel, l’enjeu est de proposer une offre d’accompagnement la plus riche possible pour une start-up. L’accélérateur doit proposer un programme personnalisé sur mesure, fonction des besoins de la startup, qui soit donc opérationnel et opérant, structuré et bienveillant. Cela peut consister à l’accompagner sur des aspects technologiques, digitaux, marketing, expérience client, RH, communication, etc. ; lui donner accès à de la data dans le respect des réglementations en vigueur, lui permettre de tester son offre ou service à travers des ateliers clients, des POC (Proof Of Concept). Cela peut porter sur son offre, son produit, sa relation client, sa techno, etc.

 

Donner aux start-up ainsi accès à ses ressources techniques et métiers permet à l’entreprise d’impliquer ses équipes, de créer une émulation donc de fidéliser les collaborateurs mais aussi de faire émerger les profils d’intrapreuneurs internes. Il s’agit aussi bien entendu de s’ouvrir à de nouvelles pratiques pour constituer un environnement propice à l’accélération de sa propre transformation et / ou à l’émergence de nouveaux services ou offres.

 

L’innovation ne peut s’épanouir que dans un écosystème ouvert et évolutif dans une approche test & learn. L’accélérateur vertical est une formidable opportunité d’expérimenter, de mesurer et de partager les innovations. Il profite à tous en permettant de développer et de dynamiser un secteur grâce à une forte création de valeurs. 

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