Course à la levée de fonds : rien ne sert de courir, il faut partir à point

Nombreuses sont les start-up qui prennent le départ de la course effrénée vers la levée de fonds. Synonymes de réussite pour un trop grand nombre, les levées sont au cœur de l’actualité, faisant ainsi la promotion des start-up dans les médias.

La levée de fonds semble devenir un passage obligatoire pour les start-up qui en oublient presque leur objectif principal : le développement de leur business. Le curseur doit être placé sur la conquête client ou l’élaboration d’un modèle économique qui va permettre de passer de la start-up à une société à l’équilibre. Si l'on regarde de plus près le panorama des sociétés à succès, la plupart d’entre elles ne sont pas forcément passées par cette étape. A contrario, nombreuses sont les start-up qui mettent la clé sous la porte, même après avoir levé des fonds. 

Cas plus rare, quelques sociétés n’ayant jamais vraiment trouvé un modèle viable ou enchaînant les mauvais choix stratégiques ont vu leur IPO échouer faute d’avoir séduit les institutionnels et investisseurs. Il y a énormément d’argent sur les marchés mais les investissements sont beaucoup plus rigoureux et les business angels comme les fonds ont beaucoup appris.

Premier enseignement qui fait consensus : l’équipe est bien plus clef que l’idée. L’exécution est cruciale, mais la double capacité à savoir gérer une société et faire rentrer du cash sont devenus des éléments essentiels. 

Quelle est donc la façon de construire un modèle économique viable ?

Il n’y a pas de recette miracle ou unique, mais autant de possibilités que de concept, projet et produits.

Il faut garder en tête, qu’il est très difficile d’arriver à imposer son produit quand on est une start-up, même si celui-ci est en tout point meilleur. Les acteurs en place font preuve d’un protectionnisme à toute épreuve, de grande lenteur dans les échanges et d’un double discours. Ce n’est ni plus ni moins qu’une façon de faire du business. Toutefois ces pratiques qui ne prônent pas l’innovation ou la flexibilité auront pour conséquence à un moment ou un autre de se faire disrupter. 

À défaut d’engager une vraie stratégie de rupture, certains acteurs feront le choix de la croissance externe organique ou un levier d'innovation par l'acquisition. En amont de passer à l’acte, voici les points qui pourraient changer la donne pour les grands groupes en perte d’élan (économique ou stratégique) : Placer l'innovation au coeur des sujets et l'expérience utilisateur comme une notion essentielle de tout développement, créer des synergies avec de jeunes entreprises et adapter les cycles de décision, avoir une stratégie d'acquisition qui consiste à renforcer des projets et des jeunes équipes plutôt que de vouloir changer en profondeur.

Enfin, il faut garder en tête que le succès d’une start-up repose avant tout sur sa capacité à convaincre des clients plutôt que sur une levée de fonds réussie.

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