Open Source Management : casser les codes du passé pour mieux retenir les talents

Après des années de culture d’entreprise basée sur la rentabilité, aujourd’hui, l’entreprise travaille à assurer son futur autour de nouvelles notions, notamment l'Open Source Management.

Après des années de culture d’entreprise basée sur la rentabilité, aujourd’hui, l’entreprise travaille à assurer son futur autour de nouvelles notions. Le mot bonheur au travail rentre dans le vocabulaire courant et fonde la base même de la notion de résultats au même titre que celui de la motivation et de l’implication des salariés. Pointent à l’horizon un nouveau style de leadership et des nouvelles méthodes de management qui ont pour ambition de créer une vision du quotidien plus ouverte où la réussite est partagée tout comme les idées par les dirigeants et leurs équipes. Ce type de leadership s’appelle l’Open Source Management.

Force est de constater que les méthodes managériales n’ont pas beaucoup évolué ces dernières décennies. Malgré l’influence des Ressources Humaines, beaucoup d’entreprises fonctionnent encore dans un format hiérarchique dit "Top Down". Cette culture verticale se transcrit par de nombreux symptômes : manque de reconnaissance, pression quotidienne liée à des objectifs souvent inatteignables… La liste est longue avec pour résultats fréquents un désenchantement et un manque d’engagement des salariés. Le leadership classique peut conduire aujourd’hui les entreprises à subir un problème de rétention de ses ressources. Plus concrètement, face aux nouvelles générations, cette situation a pour conséquence de voir un nombre croissant de jeunes diplômés ne pas avoir envie de rejoindre le monde de l’entreprise ou de vouloir partir faire carrière à l’étranger. Un état des lieux confirmé par de nombreuses études de marché montrant que la France, et même l’Europe, manquent aujourd’hui de compétences dans des secteurs porteurs comme celui des nouvelles technologies par exemple.

Ce climat délétère provient le plus souvent d’une culture de management uniquement centrée sur le profit où la réussite se mesure essentiellement au chiffre d’affaires. Dans ce cadre, on retrouve des égos surdimensionnés et une culture où la condescendance est souvent de mise et l’humilité devient une denrée rare. Cependant, le monde évolue et les nouvelles générations bousculent aujourd’hui l’establishment. Ce que les entreprises doivent comprendre de gré ou de force.

L’Open Source Management n’est pas un nouveau mot à la mode venu du monde anglo-saxon. Non. Cette nouvelle méthode de management a fait son apparition il y a maintenant plusieurs années. Elle a été imaginée par Rajeev Peshawaria, PDG du Iclif Leadership and Governance Centre. Le principe : libérer les employés dans leur travail pour maximiser le rendement individuel et global de l’entreprise. Elle s’adresse en particulier à ces nouvelles générations, qui, si elles ne sont pas impliquées dans une organisation et une gestion participative de l’entreprise, partent vers d’autres horizons ou travaillent par missions, et le plus souvent, hors des murs de l’entreprise. Il faut donc être capable de les inspirer pour les garder.

Avec la révolution numérique, notre environnement change. Nous sommes les témoins, mais aussi les acteurs d’une vraie révolution des mentalités. Pour pouvoir attirer et retenir ses jeunes talents, l’entreprise aujourd’hui doit revoir ses valeurs et de transformer son style de management. L’enjeu est double : il ne s’agit pas juste de se concentrer sur sa transformation technologique, mais aussi de changer sa culture et ses modes de fonctionnements internes.

En tant que managers, nous devons confronter la réalité : le modèle de leadership traditionnel est cassé et une nouvelle ère de leaders émerge avec des capacités de management nouvelles et différentes. Le concept du manager Open Source me semble tellement parlant. Dans chaque situation, on se doit d’essayer de travailler en alignant le cœur et la raison. Pour réussir à créer une cohésion de groupe, les managers doivent d’être à l’écoute de leurs collaborateurs, plutôt que de diriger de façon unilatérale. Il faut encourager l’échange d’idées. Que ce soient des suggestions ou des remarques. Il faut aussi être ouvert au feedback. La transparence constructive est le liant d’une équipe solide et durable dont les membres sont unis et investis d’une même envie de réussir. L’enjeu est de taille. Les managers doivent pouvoir se remettre en question pour s’aligner et s’approprier la notion d’intelligence émotionnelle. Selon le Forum économique mondial de Davos de 2016, cette intelligence émotionnelle (IE) fait partie des dix compétences clés pour réussir professionnellement à l’horizon 2020. Elle correspond à la capacité de comprendre, gérer et utiliser ses propres émotions et celles des autres. Les dirigeants qui incarneront ces qualités sauront inspirer et rassembler au lieu de commander et diriger.

En adhérant à ces notions d’Open Source Management, nous pouvons changer la donne et transformer de façon pérenne le monde du travail grâce à des rapports humains plus simples, plus directs et plus collaboratifs. Pour retenir nos talents, il faut casser les codes et promouvoir une approche participative où tous les membres de l’équipe sont engagés et ont une carte à jouer. Mais comme par le passé, il faudra plus que de simples mots ou un hashtag pour que ces changements opèrent. De ces changements d’approche et de perspectives, ne peut que ressortir du bon. L’entreprise ne peut qu’être gagnante quand ses collaborateurs sont engagés et motivés. In fine, tout ceci n’est absolument pas incompatible avec une culture de l’objectif et du résultat. Bien au contraire.

Open Source Management : casser les codes du passé pour mieux retenir les talents
Open Source Management : casser les codes du passé pour mieux retenir les talents

Après des années de culture d’entreprise basée sur la rentabilité , aujourd’hui, l’entreprise travaille à assurer son futur autour de nouvelles notions. Le mot bonheur au travail rentre dans le vocabulaire courant et fonde la base même de la notion...