Des cadres pas si stressés par la crise

Les cadres français seraient-ils beaucoup plus stressés dans leur travail du fait de la dégradation de la conjoncture ? Pas si sûr, à en croire les résultats du baromètre semestriel de la CFE CGC, réalisé par Opinion Way. La note globale du niveau de stress des répondants s'établit en mars 2009 à 6,1 sur 10, ce qui représente 0,1 point de plus qu'en octobre dernier mais reste l'un des niveaux les plus bas depuis 2004. Plus précisément, on n'assiste pas à une explosion de la charge de travail des personnels encadrant : 77 % la jugent "plus lourde qu'il y a quelques années", par comparaison aux 76 % du semestre précédent et aux 83 % de 2005. S'ils sont encore 89 % à estimer devoir travailler trop vite, ce chiffre est néanmoins en baisse de 3 points sur le semestre. Les objectifs individuels fixés par la direction sont, quant à eux, plus souvent jugés réalistes qu'avant (60 % contre 56 % en 2007-2008). Elément essentiel lorsqu'on évalue l'exposition au stress, le sentiment de reconnaissance semble s'améliorer ou tout du moins résister : 53 % considèrent que leurs efforts sont reconnus à leur juste valeur, contre 47 % en octobre dernier et 53 % en moyenne sur les années précédentes.

Tout va pour le mieux dans la tête des cadres alors ? Pas vraiment. Ils sont tout d'abord de plus en plus inquiets pour leur emploi : 38 % redoutent de le perdre, soit 10 points de plus qu'il y a 18 mois. Les relations avec les collègues et le manager auraient également tendance à se détériorer : 42 % se sentent en concurrence avec leurs collègues (+ 3 points par rapport à octobre 2008), 22 % subissent des critiques et remontrances devant les autres collaborateurs (+ 3 points) et 23 % se sont même retrouvés en situation de harcèlement moral (+ 1 point). Point positif, ces mêmes cadres sont plus nombreux qu'auparavant à déclarer que leur entreprise prend en compte le problème du stress (23 % des réponses contre moins de 20 % avant).

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