Services en ligne : ces Français qui résistent aux GAFA

Dans le domaine de l’économie digitale, certaines entreprises françaises ont du culot. Sans complexe et avec de bonnes idées, elles font mieux que concurrencer leurs homologues américaines, omnipotentes ou hyper puissantes. Coup de projecteur sur 3 fleurons du secteur digital.

Qwant : le moteur de recherche qui vous respecte

Cinq ans après son lancement, c’est l’heure d’un premier vrai bilan pour la start-up niçoise. Allons-y : 1/ Qwant existe toujours ! 2/ Qwant a même fait mieux, puisqu’elle a su trouver sa place sur le marché des moteurs de recherche (Google domine toujours les débats avec 91% du marché français). En 2017, Qwant était le 5e moteur le plus utilisé, avec 15 milliards de requêtes (+56% par rapport à 2016). 3/ Mieux, l’aventure Qwant va continuer : la jeune entreprise emménage dans de nouveaux bureaux au cœur de Nice, elle vise entre 5 et 15% du marché européen, et va donc recruter en 2019. « L’ouverture est programmée pour le premier semestre, et sera accompagnée de l’arrivée de 40 nouveaux collaborateurs, précise avec fierté Eric Léandri, dans une interview accordée à 20 Minutes. Au total, sur nos cinq sites (Nice, Paris, Ajaccio, Rouen, Epinal), nous avons aujourd’hui 160 employés. Nous serons 250 fin 2019. » Cette progression soutenue montre que le modèle de Qwant fonctionne. Son argument marketing : le respect de la vie privée, qui fait souvent défaut sur Google, puisque Qwant s’engage à ne pas revendre vos données à des tiers. Et l’argument fait mouche.

La stratégie de développement du moteur français repose donc sur son image de marque et sa spécialisation, face au caractère généraliste et intrusif du mastodonte américain, tout en proposant un service complet, avec une cartographie (type Maps) très fiable. « Les choses avancent à un bon rythme pour une start-up comme la nôtre, poursuit Eric Léandri. Entre 36 et 40 milliards de requêtes traitées par an, on sera arrivé à un palier. »

Cdiscount : non, Amazon n’est pas seul sur Terre !

Nº2 sur le marché français derrière le géant américain, le site de vente en ligne Cdiscount a tout de la belle histoire. Fondé en 1998 à l’époque glorieuse de Netscape et Net2Phone, le site de vente Cdiscount a bien changé en vingt ans. Filiale du Groupe Casino (Monoprix, Franprix, Leader Price, Vival, Spar, Sherpa) depuis l’an 2000, aujourd’hui dirigée par Emmanuel Grenier, l’entreprise bordelaise affiche un bon bilan : 1800 salariés, 3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017. L’année 2018 s’annonce encore meilleure : avec un Black Friday en novembre 2018 qui a battu tous les records (58 millions de chiffre d’affaires, +34,8% par rapport à la même opération commerciale en 2017. Emmanuel Grenier regarde son secteur d’activité avec une logique implacable : « Si le service a du sens en termes d’expérience client et de rapport qualité-prix alors les gens sont prêts à acheter à peu près tout sur Internet. » Pour contrer ses consœurs américaines, l’entreprise française a choisi d’investir, ce qui a conduit à une politique de diversification : « Nous avons fondamentalement besoin de devenir une plateforme de produits, de services, poursuit le directeur général, mais aussi une plateforme publicitaire avec une technologie dédiée, et une plateforme sociale ! »

Pour survivre sur ce marché ultra concurrentiel, il faut donc investir et grossir. Cette diversification passe par la création de nouvelles filiales pour le commerce d’électricité par exemple, ou par le rachat d’entreprises en difficulté, comme 1001pneus.fr, nº2 français de la vente de pneus en ligne, qui allait déposer le bilan en 2018 avant d’être racheté par Cdiscount.

RTL, TF1, France TV, M6… tous ligués contre Netflix & Co

Le marché du streaming (audio et vidéo) aiguise tous les appétits. Les poids lourds du marché (Netflix, Youtube, Amazon…) voient arriver de nouveaux concurrents sur le marché français. Des concurrents qui ont de vrais arguments, riches de leurs productions propres. En 2018, plusieurs diffuseurs ont décidé de joindre leurs efforts au sein de Salto, future alternative à Netflix puisqu’il réunit TF1, France Télévision et M6. Salto irait bien au-delà d’un simple service de ­replay amélioré (TF1, TMC, TFX, TF1 Séries Films, LCI, France 2, France 3, France 4, France 5, France Ô, ainsi que France Info, M6, W9 et 6ter). Il se différencierait ainsi de l’application concurrente Molotov, elle aussi made in France. A noter que ce marché risque de se transformer très prochainement, la législation sur le délai de 3 ans avant la diffusion d’un film de cinéma devrait changer en 2019. Objectif pour tout le monde : concurrencer les leaders américains.

Et pour finir, voici l’histoire d’une petite start-up qui a eu l’idée de pousser le bouchon encore plus loin. Il s’agit de Qobuz, spécialisée dans la diffusion par abonnement de musique en très haute qualité (à des années-lumière des horribles mp3). L’entreprise française, pour assurer son développement, vient de s’installer aux Etats-Unis… Comme pour Cdiscount ou Qwant, Qobuz doit développer sa culture d’entreprise, sa niche commerciale et ses qualités opérationnelles, quitte pour cela à aller chasser sur les terres des « frères ennemis ». 

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