Recherche : Algolia lève 18,3 millions de dollars pour devenir un Google BtoB

Recherche : Algolia lève 18,3 millions de dollars pour devenir un Google BtoB C'est une start-up française qui a su s'exporter aux Etats-Unis. Lancée en 2012, elle édite une techno SaaS permettant d'équiper un site ou une app d'un moteur de recherche temps réel.

Après une première levée de fonds de 1,5 million de dollars conclue à Paris en 2013, le Français Algolia avait rejoint l'incubateur Y Combinator près de San Francisco. En 2014, la société de Nicolas Dessaigne et Julien Lemoine devenait américaine, avant de conclure une nouvelle opération de 1,3 millions de dollars. Ce 20 mai, Algolia dévoile un nouveau tour de table nettement plus conséquent (de Série A). A hauteur de 18,3 millions de dollars, il est mené par Accel Partners. Et pour l'occasion, plusieurs actionnaires historiques d'Algolia remettent au pot : Alven Capital, Point Nine Capital et Storm Ventures. Mais ce n'est pas tout : Ilya Sukhar (cofondateur et CEO de Parse), Erik Swan (cofondateur et CTO de Splunk) et même le Français Solomon Hykes (cofondateur et CTO de Docker) sont aussi dans la boucle, contribuant, aussi, par leur présence à renforcer le crédit d'Algolia.

L'ambition : "devenir le Google de la recherche BtoB"

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Les deux fondateurs d'Algolia, Nicolas Dessaigne et Julien Lemoine, sont tous deux issus d'Exalead, le spécialiste français de la recherche acquis par Dassault Systèmes en 2010. © Algolia

L'offre d'Algolia s'articule autour d'un moteur de recherche en mode cloud que les éditeurs de sites et apps mobiles (natives et Web) peuvent intégrer. Algolia met pour ce faire à disposition des "clients d'API" pour JavaScript, mais aussi pour iOS, Android et Windows. La société met en avant la capacité de son moteur à fournir, de manière fluide, des réponses en temps réel, au fil de la saisie d'une requête.

"Notre moteur est assez rapide pour mettre à jour toute la page de résultats au fur et à mesure que la requête est tapée", explique Nicolas Dessaigne. Pour atteindre cette fluidité, Algolia s'est doté de serveurs dans 12 datacenters répartis à travers le monde (voir la carte ci-dessous). "Avec cette infrastructure, notre ambition est bien de devenir le Google de la recherche BtoB", résume le co-fondateur et CEO d'Algolia. 

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Algolia dispose de 12 data centers répartis dans le monde. Objectif : rapprocher les contenus d'index des utilisateurs finaux pour offrir une recherche fluide et temps réel. Les contenus des clients seront aussi stockés sur trois serveurs différents pour éviter toute perte de données. En ligne de mire : un SLA de 99,99%. © Capture / Algolia

4 milliards de requêtes utilisateur gérées chaque mois

Autre terrain d'attaque pour Algolia : offrir, via son API, des possibilités de configuration pour affiner la pertinence du moteur. Ainsi, les paramètres de l'interface permettent de combiner des critères de recherche traditionnels avec des critères métier (tel le nombre de ventes réalisées par les produits, ou encore le nombre de lectures ou de followers des pages...). Des critères géographiques peuvent également être pris en compte, et le moteur intègre des algorithmes le rendant tolérant aux fautes de frappe.

Algolia revendique 600 clients payant dans 50 pays

Revendiquant 600 clients payant dans 50 pays, Algolia compte déjà plusieurs sites web français parmi ses références, dont Little Market et VestiaireCollective. Un grand groupe français est aussi évoqué par ses fondateurs. Au total, son infrastructure répondrait pour l'heure à 4 milliards de requêtes utilisateur par mois.

Pour la suite, la start-up annonce des recrutements. De 21 salariés aujourd'hui, "nous devrions atteindre une cinquantaine de collaborateurs d'ici la fin de l'année", indique Nicolas Dessaigne. R&D, marketing, vente, avant-vente et support sont les principaux profils ciblés. La société envisage aussi d'étendre son infrastructure de serveurs à l'Afrique. Quant à la recherche et développement, basée à Paris, elle restera en France. "Autant les Etats-Unis sont intéressants dans le secteur IT pour des profils marketing, autant la France offre des compétences meilleures dans le développement, notamment sur le terrain des API sur lequel nous sommes positionnés", analyse pour finir Nicolas Dessaigne.

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