Kubernetes, l'orchestrateur de containers qui explose

Kubernetes, l'orchestrateur de containers qui explose La technologie open source est présente dans 41% des environnements Docker, contre 30% en début d'année. C'est là le principal indicateur du dernier baromètre de Datadog.

Utilisé par Google depuis de nombreuses années et publié par le groupe de Mountain View en open source en 2014, Kubernetes est réputé fiable et capable de passer à l'échelle sur des parcs massifs de containers reposant sur des architectures machines complexes. Via cet orchestrateur, Google arrête et redémarre pas moins de 2 milliards de containers chaque semaine. Dans le sillage de Google Cloud Platform, Kubernetes a été depuis implémenté par Amazon Web Services (AWS) ou encore Microsoft Azure. Pour les directions techniques d'entreprise, il commence à s'imposer comme orchestrateur Docker de référence. C'est ce que tend à prouver le dernier baromètre de Datadog.  D'après les chiffres compilés par l'éditeur américain à partir des logs de sa solution de monitoring de clouds, Kubernetes est désormais implémenté dans 41% des environnements Docker, contre 30% en début d'année. La tendance représente une hausse d'environ 50% du volume des clients de Datadog recourant à cette technologie.

L'orchestrateur majoritaire, sauf sur AWS

"Sur AWS, la plus grosse part de nos clients utilisant un orchestrateur de conteneurs s'oriente vers Amazon ECS (34%, contre 27% en janvier 2017, ndlr). Sur Microsoft Azure et Google Cloud Platform ainsi que dans les data centers sur site, la majorité opte en revanche pour Kubernetes", constate Datadog. D'après la société de New York, les nouveaux services lancés par AWS autour de Docker lors de son dernier événement mondial fin novembre pourraient néanmoins venir changer la donne. Parmi eux figure notamment un service taillé pour Kubernetes (Amazon EKS).

Part de marché de l'orchestrateur Kubernetes sur les environnements Docker. © Datadog

"Le projet Kubernetes prône la vision d'un système d'information consolidé sur un seul meta-cluster piloté via un orchestrateur de containers unique. Une infrastructure pouvant être, dans le même temps, découpée en sous-clusters géographiques distribués sur plusieurs clouds, privés et/ou publics. Le tout dans une logique de ressources informatiques partagées", analyse Didier Girard, directeur des opérations et de l'innovation au sein de l'ESN française Sfeir. Sur le papier, un tel framework permettrait de se soustraire d'un cloud unique en ouvrant la possibilité de répliquer et orchestrer des applications quelle que soit la plateforme ou le fournisseur. Naturellement, il regrouperait dans le même temps tous les types d'environnement (développement, test et production).

Kubernetes en tête quel que soit le workload

MongoDB, MySQL, Nginx, PostgreSQL... Quel que soit le type de logiciel d'infrastructure analysé par Datadog, Kubernetes se révèle être l'orchestrateur de clusters privilégié.  "Au sein des clusters Amazon ECS, l'étude montre une très faible adoption de ces logiciels open source.  A la place, de nombreux utilisateurs d'ECS ont probablement adopté des services propres à AWS comme Amazon Relational Database Service, ElasticSearch Service ou Simple Queue Service", souligne Datatog.

Kubernetes arrive en tête des orchestrateurs les plus souvent utilisés par les clients de Datadog, quel que soit le type d'application. © Datadog

D'après les chiffres glanés par Datatog, Kubernetes semble bel est bien efficace. Les clients de l'éditeur ayant recours à cette solution exécutent le plus souvent 9 containers en moyenne par serveur (sur une période d'échantillonnage de 5 minutes), contre 3 containers pour ceux qui déploient sur ECS. Kubernetes contribue par ailleurs à réduire généralement à 1,5 jour la durée de vie moyenne d'un container, contre 12 jours sur une architecture ECS. "Les orchestrateurs permettent de se concentrer sur les services et workloads, en faisant des hosts des unités d'infrastructure jetables qui peuvent être automatiquement provisionnées et détruites", explique Datadog.

Docker n'a pas dit son dernier mot

La montée en force de Kubernetes pourrait-elle faire du tort à Docker ? Certains ont pu se poser la question (lire le post polémique de Chris Short : Docker (Inc.) is Dead).  Bien conscient de l'émergence de Kubernetes, Docker a annoncé en octobre dernier l'intégrer à son offre aux côtés de son propre orchestrateur,  Swarm.  Est-ce là  un aveu de faiblesse, voire d'échec ? Non. Docker prend en compte une réalité, un besoin de ses clients. Par ailleurs, son offre ne se limite pas à l'orchestration. Au travers de Docker Enterprise Edition (Docker EE), le Californien propose désormais une Cloud Management Platform (CMP) très complète, multicloud et centrée container. Elle se pose en alternative de la CMP de VMware (vRealize) qui reste, elle, très orientée machines virtuelles. Fort de ce positionnement, Docker gagne des clients. En France, plusieurs grands groupes déploient Docker EE. C'est le cas par exemple de la Société Générale qui est en train de se doter d'un cloud reposant sur cette plateforme.  

Méthodologie : Datadog a réalisé cette étude à partir des données d'usage de ses milliers de clients à travers le monde en matière de cloud. Elles proviennent des logs de sa solution de monitoring de la performance des systèmes cloud.  Les containers sortant du domaine des applications ont été exclus du baromètre (containers de DNS, d'agents Datadog ou ECS,  système Kubernetes, etc.).  Au total, les clients  de Datadog exécutent chaque jour des millions de containers.  Présents dans la plupart des secteurs d'activité, ils présentent des profils allant de la start-up au grand groupe du Fortune 100.  Plus de 35% (disposant d'au moins 500 hosts) ont adopté Docker.

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