Quelle cloud management platform est faite pour vous ?

Quelle cloud management platform est faite pour vous ? Tour d'horizon des principaux éditeurs commercialisant des solutions de gestion multicloud. Quid des facteurs de différentiation des offres ?

Figurant parmi les outils star de l'informatique dans les nuages, les cloud management platforms (CMP) sont taillées pour gérer, de manière centralisée, l'utilisation par une entreprise de multiples services cloud, qu'ils soient privés ou publics. Fonctionnellement, "elles combinent a minima une interface de pilotage en self-service, un système de provisioning, une console de suivi de la consommation des clouds et de la facturation associée, ainsi qu'un moteur pour optimiser les traitements informatiques (ou workloads) et in fine les coûts", indique Gartner. 

Luc Germain, directeur au sein de la practice agile IT et plateforme chez Devoteam, précise : "Une CMP permet à une DSI de mettre à disposition un catalogue de services cloud pour répondre à divers besoins. Elle pourra par exemple combiner le IaaS AWS pour accéder à des ressources machines ou de stockage, Microsoft Azure pour des instances de calcul haute performance, Google Cloud Platform pour le machine learning, etc." 

Comparatif des principaux éditeurs de CMP
Editeur / nom de la solution Technos de cloud prises en charge Support avancé des containers Docker (avec Kubernetes) Support avancé des systèmes historiques Open source
Cisco / CloudCenter (ex-CliQ) Alibaba Cloud, AWS, Cisco (UCS, HyperFlex), Google Cloud Platform, IBM Cloud, Microsoft Azure et Azure Stack, OpenStack, VMware.   x  
HPE / New Stack (en cours de développement) AWS, Microsoft Azure, Azure Stack, HPE Synergy et VMware. x x  
IBM / Cloud Automation Manager AWS, IBM Cloud, Microsoft Azure, VMware. x x  
Red Hat / CloudForms (déclinaison communautaire : ManageIQ) AWS, Azure, Google Cloud Platform, Microsoft Hyper-v, OpenStack, OpenShift, Red Hat Enterprise Linux. x   x
RightScale / Cloud Management AWS, Google Cloud Platform, IBM Cloud, Microsoft Azure, OpenStack, VMware.      
Scalr AWS, Google Cloud Platform, Microsoft Azure, OpenStack. x   x
ServiceNow / Cloud Management AWS, Citrix XenServer, Microsoft Azure, OpenStack, VMware. x    
VMware / vRealize AWS, IBM Cloud, Microsoft Azure, OVH Cloud, VMware. x x  

Les fournisseurs de CMP se déclinent en trois catégories. La première regroupe des constructeurs de serveurs tels IBM ou HP mais aussi des spécialistes de la virtualisation comme VMware voire Microsoft. "Ils proposent en général des produits matures en termes de fonctionnalités, et capables de gérer, de manière indifférenciée, un sourcing tant sur des clouds publics que privés. Au-delà du cloud, ils sont particulièrement performants pour manager et automatiser les systèmes d'information hérités, basés sur des technologies Oracle, IBM...", commente Yazid Timizar, architecte cloud EMEA au sein de Sogeti (groupe Capgemini). Dans la deuxième catégorie se classent des pure players. "Il s'agit d'éditeurs qui ont tiré les conséquences du succès du cloud public, et dont les CMP sont historiquement positionnées sur ce créneau", explique Yazid Timizar. Dernier domaine : celui des outils d'intégration continue "as code" taillés pour piloter les provisionnements de services cloud via API. "Ce dernier type de produit cible plutôt les développeurs", indique l'expert de Capgemini en évoquant notamment Terraform.

L'automatisation : critère clé

Les critères de différentiation d'une CMP ? "D'abord, les principales solutions du marché ne disposent pas toutes d'une couche de monitoring", fait remarquer Luc Germain chez Devoteam. "ServiceNow, qui commercialise historiquement une application SaaS de gestion de services et support IT, s'est étendu dans un deuxième temps à la CMP (suite au rachat d'ITapp en 2016, ndlr). Mais son offre sur ce terrain est encore faible en matière de supervision", remarque Luc Germain. Et Yazid Timizar d'ajouter : "A l'instar des CMP d'éditeurs tels que HP ou VMware, ServiceNow propose une capacité de modélisation de service à spectre large qui se paie par une complexité de modélisation accrue."

"La piste du développement spécifique n'est pas à négliger, notamment pour les grands groupes"

Autre élément de différenciation des CMP : leur capacité à analyser finement le coût des ressources IT consommés. "Il ne s'agit pas seulement de suivre les dépenses, mais aussi de les prévoir. Sur ce plan, certaines CMP sont capables de réaliser des préconisations de souscriptions et de configuration pour optimiser financièrement un environnement cloud en fonction de tel ou tel besoin", explique Luc Germain. Reste un critère : l'automatisation. "C'est un élément essentiel. La CMP doit permettre de livrer un service immédiatement, au moment où l'entreprise en a besoin. Dans le cas contraire, les responsables IT ou métiers auront tendance à aller se servir eux-mêmes, avec le risque de voir émerger une informatique non-sécurisée déployée sans l'approbation de la DSI, ou shadow IT", insiste Yazid Timizar.

Parmi les pure player les plus en vue figurent RighScale. "Son offre pousse très loin le concept de catalogue de services tout comme l'analyse prédictive des coûts. La CMP de Red Hat, Cloud Forms, qui se démarque en matière d'automatisation, se révèle moins avancée en la matière", estime Luc Germain. Chez Capgemini, deux pures player sont évoqués : CliQr (outil rebaptisé CloudCenter depuis son rachat par Cisco en 2016) et Scalr. Reconnu comme l'une des offres les plus matures du marché, "le premier intègre des possibilités d'optimisation des dépenses à base d'intelligence artificielle", apprécie Luc Germain. Quant au second, il se distingue par son modèle open source. "L'open source est une solution intéressante pour mettre en œuvre, sans prendre trop de risque financier, une première CMP avec un catalogue de services par exemple en vue de tester la pertinence d'une telle application", analyse Luc Germain.

Vers des CMP "broker de cloud"

Qu'en est-il de la CMP de VMware (alias vRealize) ? Son rapport bénéfice/coût se traduit par un ROI intéressant du côté des DSI de taille intermédiaire, opérant entre 100 et 1000 serveurs. En revanche pour un parc de machines dépassant cette taille, vRealize se révèle chère. Mieux vaudrait alors opter pour un développement ad hoc ou une CMP open source (l'un n'excluant pas l'autre). En France, vRealize a notamment été retenu par Auchan Retail en vue de gérer la production de systèmes à la fois sur un environnement de virtualisation interne (VMware) et un cloud public (Dedicated Cloud d'OVH en l'occurrence).

Comment peut évoluer les CMP dans les années qui viennent ? Grâce à l'intégration des technologies Docker et Kubernetes par les acteurs du cloud (tant publics que privés), les CMP pourraient dans les années à venir dépasser le modèle de management classique IT (orienté déploiement continu), pour offrir en plus des possibilités de migrations d'architectures applicatives d'un cloud à l'autre. A plus court terme, "des CMP orientées brokering pourraient émerger", prédit Yazid Timizar. "Ces solutions permettront d'automatiser la mise en œuvre d'application sur différents clouds en fonction de critères plus seulement statiques mais dynamiques, évoluant dans le temps, notamment en fonction du niveau de performance et des tarifs proposés par chaque fournisseur à un instant T. Enfin, "les CMP pourraient assez logiquement s'étendre également à la gestion des services serverless, comme Amazon Lambda ou Azure Functions", analyse Luc Germain. Une prévision pondérée par Yazid Timizar: "Le serverless qui s'apparente à un appel d'API restera de mon point de vue marginal et limité à une cible de développeurs, ce qui n'en fait pas un domaine d'emblée éligible au CMP."

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