Emmaüs : les bornes Relais de collecte de vêtements... bientôt connectées

Emmaüs : les bornes Relais de collecte de vêtements... bientôt connectées Une des scop membres de l'association a lancé un projet pilote de borne connectée. Son objectif : suivre en temps réel le niveau de remplissage pour optimiser les tournées.

Si vous déposez régulièrement vos vieux vêtements dans les bornes "Le Relais" des compagnons d'Emmaüs, il vous est peut-être déjà arrivé, comme moi, de tomber sur une borne pleine, dans laquelle il n'était plus possible de déposer quoi que ce soit... Pour éviter cette situation, une scop, membre d'Emmaüs, a décidé de lancer un projet pilote de Relais connecté. Située à Chanteloup-les-Vignes, EBS Le Relais Val de Seine développe une activité de réinsertion sociale qui, tout comme les autres scop de l'union des Relais, est centrée sur la collecte, le tri, et la revalorisation des vieux textiles.

Un suivi temps réel du niveau de remplissage

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1000 bornes "Le Relais" pourraient devenir des objets connectés d'ici fin 2015. © Le Relais

Jusqu'ici, la scop utilisait un logiciel maison d'optimisation des tournées. Il fonctionne sur la base d'indicateurs de fréquence moyenne de remplissage calculés à partir de données saisies par les salariés lors de leurs tournées de collecte, via PDA. "Nous testons actuellement des capteurs connectés qui nous permettrait de suivre le niveau de remplissage de nos bornes en temps réel", confirme Jean-François Luthun, PDG d'EBS Le Relais Val de Seine. En ligne de mire : disposer d'un outil permettant de faire face à tout impondérable pouvant engendrer une saturation de la borne (une braderie, un vide grenier, un déménagement à proximité...).

Après ce pilote, la scop prévoit d'ici juin un premier déploiement sur quelques dizaines de bornes. "Ce test grandeur nature va nous permettre d'estimer plus finement le retour sur investissement du projet avant un déploiement sur l'ensemble des 1000 bornes que nous opérons dans un rayon de 100 km autour de Chanteloup-les-Vignes. Les gains en matière de rationalisation de tournées, mais aussi les pertes de dons à cause des bornes pleines, devront ainsi pouvoir justifier le coût de déploiement du dispositif et ses coûts d'exploitation. 

C'est iSwip, société de services spécialisée dans l'Internet des objets, qui a développé le prototype. Elle a conçu un capteur personnalisé pour le projet. Il utilise les ultra-sons pour mesurer le niveau de remplissage des bornes, ainsi qu'un GPS pour relever leur localisation. L'objet émet ses données via des mini-messages transmis par fréquence radio (en 868 MHz) via le réseau de Sigfox, un opérateur français spécialisé dans l'Internet des objets. 

La suite Azure pour l'Internet des objets sous le capot

En aval, le flux d'informations est recueilli par une application déployée sur le cloud de Microsoft. Elle exploite les tout récents services de l'Azure IoT Suite, centrés sur l'Internet des objets. Au programme : Azure Events Hub pour gérer la remontée d'événements en provenance de la borne, et Stream Analytics pour appliquer un modèle mathématique qui permet, aussi, d'estimer le poids des habits. Côté couche de données, la base SQL Azure est utilisée aux côtés d'Azure Blob Storage pour l'archivage. Enfin, Bing Map est là pour gérer la localisation.  

"Pour un tel projet, Microsoft présente l'avantage d'offrir un cloud de plateforme orienté vers l'Internet des objets, ce qui n'est pas le cas d'Amazon Web Services. Cet outillage complet nous a permis de réaliser le projet en deux mois", commente Emmanuel Torchy, fondateur d'iSwip. Pour tester le prototype, une interface de supervision a été développée sur Azure par le prestataire, sachant que la scop souhaite dans un deuxième temps intégrer le flux temps réel à son outil d'optimisation des tournées. Si l'expérience se révèle probante, EBS Le Relais Val de Seine pourrait ensuite proposer sa solution à l'ensemble du réseau français des Relais. A suivre...

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