Linus Torvalds a-t-il subi des pressions de la NSA ?

Le créateur du système d'exploitation open source Linux a été mis dans l'embarras lors de la dernière LinuxCon. En s'exprimant une nouvelle fois sur le sujet, il risque la prison.

A quoi a joué Linus Torvalds à l'occasion d'une table ronde organisée dans le cadre de l'évènement LinuxCon qui s'est achevé hier ? Interrogé sur le fait de savoir s'il a été approché par le gouvernement américain en vue d'insérer une backdoor dans le système d'exploitation Open Source Linux, sa réponse a eu de quoi surprendre. Ou plutôt son attitude : après avoir pris quelques secondes furtives de réflexion, Linus Torvalds a ainsi répondu oui d'un hochement de tête tout en répondant "non" sur un ton des plus humoristiques.

Une façon de tourner en dérision la question qui lui a été posée tout en faisant passer le message d'avoir bel et bien été approché par le gouvernement US pour insérer dans l'OS une fameuse "porte dérobée" permettant de déjouer les mécanismes de sécurité de Linux

Une interdiction absolue de s'exprimer sur le sujet sous peine de prison

Pris à son propre piège, et ayant au passage provoqué l'hilarité de l'assemblée, Linus Torvalds s'est ensuite repris en reprenant tout son sérieux et affirmant cette fois un "non" ferme et massif de ne pas avoir été sollicité par la NSA. Pour autant, son embarras a été réel et a même incité un développeur présent sur la même table ronde à venir à la rescousse du père fondateur en déclarant "qu'il ne pouvait pas parler de ces choses là".

Car en effet, Linus Torvalds, tout comme l'ensemble des patrons et porte-paroles des entreprises américaines sont tenus à respecter un droit de réserve sans précédent pour toutes les questions portant sur la sécurité nationale en général et les questions de cybersurveillance en particulier. Le risque pour eux s'ils enfreignent cette règle est simple : ils encourent ni plus ni moins la prison. 

  Voir la vidéo de la table ronde et l'intervention de Linus Torvalds (24mn15s)

Annonces Google