Les licenciements dans le secteur IT s'enflamment

Depuis fin 2008, le secteur IT est sous pression. Alors que les suppressions de postes se multiplient comme d'indigestes petits pains, une frénésie de révisions à la hausse du nombre de licenciements se propage.

 

Après les plans de suppression d'emplois à la chaîne dont l'ampleur et la fréquence ne cesse de surprendre, de tristes révisions à la hausse de réduction des effectifs viennent entacher un tableau déjà bien noir.

Ainsi, à peine sa décision prise de sabrer à hauteur de 10% de ses effectifs par la suppression de 800 postes exclusivement aux Etats-Unis, ne voilà pas que Seagate se ravise moins de 48 heures plus tard. Pour le pire, et rien que le pire.

En annonçant cette fois une destruction massive de 2 950 postes au niveau mondial - soit pas moins du quart du nombre total de ses salariés -, le constructeur de disques durs sonne en effet le tocsin, avec des coupes prévues dans toutes les fonctions d'ici février : exécutif (-20%), management, ventes et administratif (-10%), etc.

Seagate et Motorola happées par la spirale infernale de leurs plans de réduction des coûts

Une mauvaise nouvelle qui apparaît comme une tentative salutaire de réduire ses charges fixes annuelles de 130 millions de dollars. Dans un contexte où - faut-il remuer le couteau dans la plaie ? - l'enrayement de son activité l'a contraint à sabrer ses prévisions de revenus pour son deuxième trimestre fiscal 2009 de... 500 millions de dollars.

Autre groupe touché par le syndrome de la révision surprise (et massive) des plans de coupe salariale : Motorola. Le groupe de télécommunications et de solutions systèmes réseaux avait pourtant déjà fait la triste annonce en octobre dernier de la suppression de 3 000 postes. Mais aujourd'hui, ce sont 4 000 postes supplémentaires qui frapperont de plein fouet sa division téléphonie mobile.

Une décision drastique qui devrait lui faire économiser 1,5 milliard de dollars en 2009, alors même que Motorola doit, à l'image de con compatriote Seagate, lutter contre la chute de ses ventes sur ce marché de la téléphonie mobile (-3 millions d'unités au 4ème trimestre 2008 par rapport aux attentes des analystes). En tout, depuis 2 ans, c'est la somme affolante de 17 000 postes que le fabricant s'est résigné à supprimer.

Sun, EMC, Lenovo, Adobe ou Alcatel-Lucent : à qui le tour ?

Compte tenu de ce contexte d'activité extrêmement dégradé, on peut tout de même se demander dans quelle mesure d'autres sociétés IT seront tentées (ou pas) de réviser à leur tour à la hausse le nombre de leurs licenciements...

Pourrait-il s'agir d'AT&T (12 000 emplois supprimés), Sun (6 000 emplois détruits), Adobe (600 emplois grillés), EMC (2 400 emplois gommés) ou encore Alcatel-Lucent (1 000 emplois soufflés), Logitech (1 400 emplois rayés), BT (10 000 emplois éradiqués), Sony (16 000 emplois anéantis), voire Dell (1 900 emplois défaits), ou Lenovo (2 500 emplois dissous) ?

Et si par bonheur ces maussades prévisions ne se produisaient pas, reste enfin à croiser les doigts pour éviter que les rumeurs des megaplans de réduction d'effectifs en provenance de Microsoft, IBM et Oracle avec respectivement 15 000, 16 000 et 8 000 emplois potentiellement menacés, ne se réalisent tout simplement pas.

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