Le libre promis a un bel avenir

Une étude commandée par l'OPIIEC révèle que l'open source est un gisement de croissance important. Mais la réussite d'un projet se trouve dans la formation, initiale comme continue.

Les métiers du logiciel libre ont de l'avenir en France, à condition d'investir dans la formation. Ce constat est le fruit de l'étude menée par Pierre Audoin Consultant, pour le compte de l'OPIIEC (Observatoire Paritaire des Métiers de l'Informatique, de l'Ingénierie, des Etudes et du Conseil). L'étude a été reprise par le Syntec Informatique, ce qui montre l'importance que ce secteur commence à prendre aux yeux des représentants traditionnels de l'informatique.

Côté marché, l'étude révèle que le logiciel libre représente aujourd'hui 3,6 % (soit 1105 millions d'euros) de la demande en Logiciels et Services en France et devrait atteindre 10% du marché dans 4 ans. Un développement que la crise devrait favoriser selon de nombreux observateurs, les clients cherchant à rationaliser leurs coût, notamment en renégociant les contrats de licence, voire en s'en affranchissant en migrant vers des outils open source.

78% des développeurs utilisent du logiciel libre

Si l'étude réserve aux acteurs du logiciel libre un avenir plein de promesses, elle montre également que le libre est déjà fortement implanté dans l'entreprise, sous de multiples formes. Une implantation sectorielle tout d'abord, dans les systèmes embarqués ou encore au cœur des systèmes d'information des entreprises. 54% des directeurs ou responsables des systèmes d'information déclarent en effet utiliser des composants libres dans leur système d'information.

Côté utilisateur, 78% des développeurs interrogés déclarent utiliser du logiciel libre dans leur entreprise, et 56% d'entre eux estiment que les compétences informatiques requises pour le logiciel libre diffèrent de celles du monde propriétaire.

D'où la nécessité selon l'OPIIEC de mettre en place des actions de formation dédiées aux spécificités du monde de l'open source. Selon l'observatoire, la formation initiale spécifique devrait se construire sur trois niveaux, Bac à Bac +2/3 pour les techniciens du libre, Bac +5 pour les ingénieurs du libre et Bac +5 et plus pour les chercheurs du libre.

L'OPIIEC a par ailleurs validé 7 recommandations dans ce domaine, recommandations où l'on trouve en plus d'un appel à investir dans la formation initiale, des focus importants sur la structuration du logiciel libre, l'amélioration de la gestion des projets ou encore la mise en place d'actions collectives de formation.

Le Syntec rappelle à ce sujet que le comité Editeurs de Syntec informatique a lancé dans le cadre du Plan éditeurs SL12 des travaux sur les principaux business models de l'Edition de Logiciel : Licences, SAAS , Open source et hybrides.

Stéphane Fermigier, directeur général de Nuxeo, une société open source, estime pour sa part que l'étude comporte " des recommandations fortes en termes de formations pour conserver le leadership de la France dans ce domaine ". Il rappelle que ces propositions ont été proposées et validées par le Syntec comme par les syndicats.

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