Les applications métiers partent à l'assaut des smartphones "Pour généraliser les usages, les constructeurs devront adapter leurs smartphones"

JDN Solutions. L'accès en situation de mobilité aux applications métiers est-elle généralisée ?

Yves Le Jan. L'accès au système d'information en situation de mobilité est souvent limité à quelques catégories d'employés comme les équipes commerciales.

Ces dernières seront alors équipées de terminaux donnant accès à des solutions sur étagère accessibles à distance depuis le SI ou bien à des applications spécifiquement développées pour leurs mobiles.

Dans tous les cas, équiper ses flottes de terminaux mobiles en applications métiers à un impact budgétaire assez conséquent qui oblige les entreprises à y réfléchir à deux fois avant de se lancer.

Comment expliquer ce manque d'engouement ?

Les freins sont de plusieurs ordres. Il y a le coût bien entendu, mais également la fragilité des terminaux mobiles et en particulier des smartphones. C'est un aspect déterminant du manque d'engouement car il peut contraindre les entreprises à augmenter leurs stocks de terminaux mobiles pour palier à leur manque de résistance. La France n'est d'ailleurs pas en avance en termes d'utilisation d'applications métiers sur smartphones par rapport à ses homologues anglo-saxonnes.

"Les règles de fonctionnement de chaque éditeur d'OS mobile ne facilitent pas les portages d'applications"

Alors qu'en Grande-Bretagne par exemple, les grands comptes en sont à corriger les problèmes techniques qu'elles peuvent rencontrer dans l'utilisation d'applications sur des terminaux mobiles, en France, elles n'en sont encore qu'au stade de la réflexion.

Pour généraliser les usages dans l'entreprise, les constructeurs de smartphone devront impérativement adapter leurs modèles avec des batteries à l'autonomie plus importante, la présence de connecteurs physique pour brancher davantage de périphériques et surtout un suivi dans le temps des gammes et une durée de vie accru des modèles en leur possession.

Les communautés de développeurs sont-elles actives en matière d'applications mobiles pour les pros ?

Aujourd'hui, on constate une pénurie de développeurs pour concevoir des applications à destination des cols blancs et des cols bleus sur les systèmes d'exploitation mobiles les plus récents. De façon générale, ces communautés sont rares car la plupart d'entre elles préfèrent se tourner vers le développement d'applications à destination du grand public pour toucher plus de monde et donc générer plus de profits.

Les acteurs du marché de l'OS mobile ont chacun érigé leurs propres règles de fonctionnement qui ne facilitent pas les portages d'applications d'une plate-forme à une autre. Par exemple, chez Symbian on trouve beaucoup de fonctionnalités non documentées nécessitant de passer des accords spécifiques pour en débloquer l'accès. Mais c'est également le cas pour certaines API constructeurs relatives à la caméra ou au pavé directionnel qui pourront poser des problèmes, ce qui est loin de simplifier la tâche des communautés de développeurs. 

 

Yves Le Jan est consultant manager chez Novedia-Consulting.  

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