Christophe Amez (Dow Jones) "Identifier le risque de corruption devient une obligation"

Terrorisme, criminalité, trafic d'armes... Pour s'assurer de la transparence d'un partenaire, il devient possible de recourir à des bases de données anti-corruption. Elles ne font l'impasse sur aucun risque.

JDN Solutions. A qui s'adresse votre base de données anti-corruption ?

Christophe Amez. Dow Jones Anti Corruption est un outil qui permet de réaliser des audits en gestion des risques sur des relations entrantes. Il cible les grands groupes industriels ayant une présence internationale. Les récents scandales liés à Siemens en Allemagne ou encore à BAE en Grande-Bretagne montrent bien qu'aucune entreprise n'est à l'abri d'un dessous de table.

Pour éviter de tomber sous le coup des lois internationales en vigueur en matière de lutte contre la corruption, le blanchiment et le terrorisme, elles vont devoir mettre en œuvre des programmes de vérification de l'intégrité des tiers, clients, partenaires et fournisseurs avec lesquels elles entretiennent des relations.

Certains secteurs sont d'ailleurs plus sensibles que d'autres à cette démarche, notamment les entreprises issus des secteurs de la Défense, de l'énergie, de l'extraction de matières premières, ou encore le secteur public et les administrations. L'approche que nous avons mise en place est double : elle consiste à la fois à identifier les personnes ou entreprises les plus à risque, et de s'assurer que les personnes ou entreprises auxquelles nos clients s'intéressent ne présentent pas un risque plus élevé que la normale.

Comment vous est venue l'idée de développer une telle offre ?

A l'origine, nous avons été sollicités par des acteurs bancaires dont UBS afin de concevoir pour eux des solutions spécifiques pour identifier les personnes potentiellement exposées à un risque de corruption. Nous avons donc été amenés à mettre au point Dow Jones Watchlist : une première base de données recensant notamment des hommes politiques qui, au regard des différents directives internationales et du droit européen, présentent un risque. De par leur fonction exercée, certaines personnes peuvent en effet avoir accès à des fonds importants, et être tentées par la corruption.

"On retrouve dans notre base des personnes impliquées dans des affaires de blanchiment, terrorisme et trafics en tout genre"

Nous avons ensuite fait évoluer Dow Jones Watchlist en 2007, qui existe d'ailleurs toujours en tant que solution ad hoc, vers une offre plus globale baptisée Dow Jones Anti Corruption. Le déclic est venu par le biais d'un autre de nos clients qui souhaitait non seulement identifier des personnes mais également des sociétés publiques et des entreprises à risque. Et ce, afin de respecter les nouvelles réglementations mondiales dont FCPA aux Etats-Unis, stipulant qu'il est interdit de soudoyer un agent officiel en échange de faveurs commerciales.

De plus, selon les directives européennes actuelles et bientôt transposées en droit français, les banques devront obligatoirement identifier toute personne potentiellement exposée au risque de corruption. En ne le faisant pas, elles pourront être accusées de complicité de corruption.

Quels moyens mettez-vous en œuvre pour assurer la pertinence de votre base de données ?

Nous incluons également les informations produites par les autorités de contrôle en France, en Europe mais également en provenance du Trésor américain ou encore des Nations Unies. On y retrouve toutes les personnes pour lesquelles une interdiction de traiter existe pour des raisons variées : terrorisme, criminalité, trafic d'armes... Il peut aussi s'agir d'individu avec des procédures judiciaires en cours.

Nous comptons par ailleurs faire évoluer notre solution pour répondre à de nouvelles normes internationales sur les paiements et affiner les filtres sur les sanctions. Nous allons aussi continuer à développer les synergies entre cette base de données et la puissance du réseau média presse Dow Jones pour fournir toujours plus d'articles et d'archives sur les personnalités ou entreprises à risque.

En termes de disponibilité, l'offre est accessible à partir de quelques centaines d'euros via un abonnement en ligne, et jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'euros pour la base de données hébergée sur les serveurs de l'entreprise.

Bien qu'il soit possible dans les deux cas d'intégrer les flux de données en XML dans un extranet ou un outil de gestion de contenu, seule la solution internalisée permet d'automatiser les extractions de données. Mais aussi de les filtrer et effectuer des requêtes simultanées sur des milliers de noms de personnalités et d'entreprises. La différence se fait donc en termes de temps d'exploitabilité et de traitement analytique en masse des données.

Christophe Amez est responsable de la division Risk et Compliance chez Dow Jones.

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