A quoi sert Watson, la technologie intelligente d'IBM ? Ce que Watson apporte au secteur de la santé

Aujourd'hui, le secteur sur lequel Watson est aujourd'hui le plus poussé par IBM est la santé. C'est d'ailleurs d'ores et déjà une réalité : Watson est utilisé au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center, à New York, au Cedars Sinai Hospital de Los Angeles, et ou au Cleveland Clinic, dans l'Ohio.

vincent tassy est depuis plusieurs années architecte de solutions au centre
Vincent Tassy est depuis plusieurs années architecte de solutions au centre d'excellence mondial sur la santé situé au laboratoire d'IBM La Gaude près de Nice.  © IBM

Pourquoi viser le secteur de la santé ? "Le volume d'information y a doublé en cinq ans. Mais les médecins n'ont pas le temps de tout lire et de tout assimiler, or les publications scientifiques peuvent être très utiles pour améliorer les diagnostics et les traitements", souligne Vincent Tassy, architecte de solutions au centre d'excellence mondial sur la santé d'IBM. Watson peut de son côté être justement programmé pour pouvoir intégrer toutes les informations parues dans les publications médicales, même et surtout les plus récentes.

Watson a aussi la possibilité d'analyser des informations pertinentes sur les patients, comme celles collectées par les questionnaires à remplir lors d'une admission dans un hôpital. Watson a également le potentiel de pouvoir prendre en compte l'historique du patient et ses antécédents familiaux. Il pourra poser certaines questions pour éliminer certaines de ses hypothèses et affiner son diagnostic. Et même suggérer une liste d'examens complémentaires dans le même but : augmenter le taux de confiance de son diagnostic final" détaille Vincent Tassy.

Des médecins irremplaçables

Waston va ainsi formuler un diagnostic, mais aussi indiquer son indice de confiance et expliquer comment il en arrive à cette conclusion. Les médecins pourront ensuite valider. Ou pas. "Il n'est pas du tout question de faire de Watson un médecin électronique", tient bien à préciser Frédéric Bauchot, se doutant bien du rejet que pourrait provoquer l'idée de se faire diagnostiquer des problèmes de santé graves par un robot. IBM préfère parler d'une simple "assistance", ou d'une plus classique "aide à la décision" pour les médecins.

"Le but n'est pas de les remplacer. Watson pourra aussi être sollicité en cas de doute ou pour valider une de leurs hypothèses par exemple. Il pourra être considéré comme un élément parmi d'autres. D'ailleurs, si le médecin prend finalement une décision différente de celle proposée par Watson, ce dernier pourra intégrer la décision du médecin dans ces futures propositions, car c'est un outil qui peut apprendre", rappelle Frédéric Bauchot.

Watson est capable d'analyser 20 millions de pages de données en moins de trois secondes.

Watson, un docteur spécialisé dans l'oncologie ?

IBM estime même que Watson peut apporter son aide à un domaine encore plus pointu dans la santé : l'oncologie. "Un domaine particulièrement complexe, pour lequel Watson pourrait apporter son aide, notamment pour déterminer la nature exacte d'un cancer ou pour suggérer les traitements les plus appropriés. Car un même cancer peut parfois être traité de plusieurs façons, et les traitements peuvent avoir des effets secondaires qui peuvent varier selon les profils", détaille Vincent Tassy, qui a notamment œuvré au déploiement de solutions IBM dans le secteur de la santé.

C'est dans ce but que Watson est précisément utilisé au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center de New York et au Cedars Sinai Hospital de Los Angeles, par l'intermédiaire de l'assureur américain Wellpoint, l'un des premiers utilisateurs de Watson communiqués par IBM. Manoj Saxena, general manager en charge de Watson avait alors expliqué que "l'oncologie était un domaine particulièrement complexe, dans lequel la masse de nouvelles informations émergentes est prolifique. Etre parfaitement à jour est particulièrement difficile". Pour un homme, mais pas pour Watson, capable d'analyser 20 millions de pages de données en moins de trois secondes.

En outre, si c'est un célèbre assureur nord-américain qui s'est montré le premier intéressé par le potentiel de Watson, c'est aussi parce que les coûts des soins peuvent aussi être optimisés dans ce pays dans lequel les assurances maladies ne fonctionnent pas du tout comme en France. Manoj Saxena avait en effet estimé que de "dizaines de milliards de dollars" pourraient être économisés "si les soins étaient dispensés de manière plus pertinente, en tenant mieux compte de tout ce que l'on sait déjà".