Accord Yahoo / Microsoft : retour sur une révolution pour le référencement Olivier Andrieu (Abondance) : "Bing a atteint une taille qui va peut-être lui permettre de changer la donne"

Le cimetière des moteurs se remplit depuis l'avènement de Google

Il fallait s'y attendre, cela faisait des mois que la rumeur couvait. On n'a  donc pas été très surpris. La première impression est que cet accord marque la mort du moteur de Yahoo!. On a vécu tellement d'événements de ce type depuis quelques années chez Yahoo, que cela rend la nouvelle un peu triste. D'autant plus que la technologie de recherche de Yahoo! était certainement meilleure que celle de Bing, même si elle était peut-être plus ancienne. Le cimetière des moteurs de recherche se remplit au fur et à mesure, notamment depuis l'avènement de Google.

olivier andrieu est consultant indépendant.
Olivier Andrieu est consultant indépendant. © JDN Solutions

La deuxième impression est que cela ne va pas changer grand chose en France, contrairement aux Etats-Unis. En effet, en France, les parts de trafic de Yahoo! et de Bing ne dépassent que difficilement les 5%, et restent à des années lumières de celles de Google (90%). L'addition de deux ruisseaux ne suffira pas à combattre le fleuve, du moins dans un premier temps.

En revanche, aux Etats-Unis, cet accord, qui octroie à Bing-Yahoo! des parts de trafic de près de 30%, devient très intéressant pour combattre Google qui est encore leader, ben sûr, mais avec des chiffres moins monopolistiques qu'en France. Et comme le moteur Bing est bien plus intéressant dans sa version américaine que dans sa version française (qui n'est qu'un relookage de Live Search), la situation méritera d'être suivie de près.

Le marché du référencement devra s'adapter rapidement aux Etats-Unis

L'accord ne changera rien en Europe dans un premier temps. Mais si le partenariat entre Bing et Yahoo! fait changer les choses aux Etats-Unis, et arrive à faire muer le moteur de Microsoft en Europe pour le rendre aussi intéressant que sa version américaine, alors, le changement peut se répercuter en Europe d'ici fin 2010.

Le marché du référencement naturel suit celui de la recherche. De ce fait, la situation évoluera certainement plus rapidement dans la foulée de l'accord aux Etats-Unis avec un nombre croissant de sites qui vont tenter de se positionner sur Bing, au vu des chiffres de trafic généré. En Europe, en revanche, rien ne changera d'ici au moins un an au vu de l'hégémonie de Google sur le Vieux Continent.

"On attend que Microsoft cesse de cloner Google"

Mais au-delà de la question du marché du référencement, cet accord montre que la recherche d'informations est considéré comme un marché stratégique. Je suis certain que de nouveaux acteurs peuvent émerger, au moins au niveau local. C'est le cas en Russie, en République Tchèque, en Chine, etc. Pourquoi pas en France ?

Quant à Microsoft, on attend encore qu'il fasse un vrai beau nouveau moteur de recherche, avec de l'audace, en faisant autre chose que d'essayer de cloner Google, comme il l'a hélas fait depuis quelques années. Ce n'est pas en essayant de "faire pareil" qu'il réussira. Il doit casser les règles de la recherche actuelle. Peut-être que sa taille aux Etats-Unis lui permettra maintenant ! Il a peut-être atteint une taille critique qui lui permettra de changer la donne...

Pour conclure, la réponse de Google, elle aurait été certainement plus forte s'il avait eu en face de lui deux acteurs eux-mêmes concurrents et motivés. Mais peut-être que les parts d e marché américaines de "Binghoo" vont le persuader à avancer encore plus vite. Ceci dit, Google n'a jamais cessé d'avancer...