Avaya propose 475 millions de dollars pour scalper Nortel

Acculé à la faillite, criblé de dettes, l'ancien fleuron canadien est contraint de céder ses bijoux de famille. Cette fois, c'est sa division Enterprise Solutions qui en fait les frais.

En jargon financier, on appelle cela une vente par appartements. Nortel, équipementier réseaux/télécoms en faillite depuis le début de l'année (lire notre article) est entré dans la spirale infernale des cessions d'actifs stratégiques.

Après avoir sacrifié le mois dernier pour 650 millions de dollars son activité Nortel Networks à Nokia Siemens Networks, le canadien est contraint de lâcher sa division Enterprise Solutions.

Spécialisée dans les communications unifiées, réseaux données/voix et téléphonie IP, cette activité a généré pas moins de 2,4 milliards de dollars de revenus en 2008, mais dans le même temps une perte opérationnelle de 75 millions de dollars.

Pour le moment, l'accord de rachat pour 475 millions de dollars entre Nortel Networks et Avaya est cependant de pur principe. Bien que le canadien affiche son souhait de voir son activité solutions d'entreprise rentrer dans le giron d'Avaya en raison, notamment, de fortes accointances commerciales, ses dernières volontés pourraient ne pas être exaucées.

La mise aux enchères des actifs stratégiques de Nortel le 24 juillet pourrait créer la surprise

Car le contexte juridique dans lequel se trouve Nortel Networks - en faillite - implique la mise aux enchères le 24 juillet prochain de ses actifs, devant le Tribunal américain des faillites du district du Delaware. Une mise aux enchères qui implique de facto la possibilité pour des tiers de surenchérir sur les offres initiales, aussi bien d'Avaya que de Nokia Siemens Networks.

Alors que pour ce dernier, le conseil en investissement Matlin Patterson et principal créditeur de Nortel pourrait bien sortir du bois, rien n'empêcherait par exemple l'équipementier Cisco de positionner ses billes pour damer le pion à Avaya. A moins que la chute de ses revenus au troisième trimestre dernier (-17%) ne l'ait quelque peu refroidi.

Sûr de lui, Avaya a en tout cas pris ses dispositions et entamé des discussions avec les responsables locaux de Nortel pour anticiper l'éventuelle cession d'actifs de la division Enterprise Solutions. En Europe, et notamment en France.

En France, la situation pour les salariés de Nortel Networks n'est pas encore tranchée. En liquidation depuis le mois de mai, la filiale française de l'équipementier devrait être rapidement fixée sur le sort réservé à ses 460 salariés menacés de licenciements, et en grève depuis 2 semaines.

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