Cloud computing : Cisco en guerre contre HP et IBM

L'incursion de l'équipementier sur le marché des serveurs lames pour centres de données virtualisées a tout du loup dans la bergerie. Les brebis HP et IBM ne se laisseront pas tondre. Et encore moins dévorer.

Maintes fois annoncée et aujourd'hui concrétisée, l'arrivée de Cisco sur le marché des serveurs lames aux revenus récurrents très confortables - plus de 13 milliards de dollars générés rien que sur le dernier trimestre 2008 selon le cabinet Gartner - ne s'est pas faite sur un coup de tête.

Loin d'avoir seulement fait l'objet d'un intérêt financier court-termiste, le lancement de sa nouvelle architecture unifiée baptisée Unified computing, cristallise au contraire toutes ses ambitions dans la quête du Graal de la convergence réseaux et télécoms et par la même occasion du cloud computing.

Pour y parvenir, l'équipementier n'y est pas allé par quatre chemins. Il a d'abord veillé à capitaliser sur son expérience acquise en matière de constructeur de commutateurs et de routeurs pour concevoir une offre combinant à la fois des infrastructures matérielles (serveurs lames) et logicielles (stockage, virtualisation...).

Téméraire mais pas inconscient, Cisco se sera également adjoint les services d'une kyrielle de partenaires technologique pour mettre toutes les chances de son côté.

Téméraire mais pas inconscient, Cisco s'est adossé à des partenaires technologiques stratégiques comme Intel, VMware ou encore BMC

Avec Intel du côté de l'architecture processeur, de VMWare - avec lequel il est déjà en affaire pour sa nouvelle gamme de commutateurs Nexus 1000V - pour ce qui a trait à la virtualisation, mais également BMC dans le cadre de l'administration du stockage.

La partie apparaît toutefois loin d'être jouée d'avance pour Cisco qui devra batailler ferme avec des acteurs historiques du marché des serveurs qui ont pris soin de peaufiner chacun de leur côté leur stratégie.

C'est notamment le cas de HP qui, par la voix de Jim Ganthier, son directeur marketing en charge de la division serveurs et stockage, a précisé à notre confrère américain Channel Web que cela faisait longtemps qu'il ne considérait plus les serveurs comme des îlots indépendants mais plutôt comme des composantes flexibles, modulaires et personnalisables de l'infrastructure IT. Une manière en somme de préciser que sa stratégie cloud computing n'est pas sortie du jour au lendemain de son chapeau.

D'autres propos, plus critiques - voire cyniques -, ont également fusé, cette fois en provenance d'IBM : "Cisco est une grande et formidable entreprise mais leur entrée sur le marché des serveurs me rappelle celle de Mickael Jordan dans le baseball", a lâché Tom Bradicich, responsable de la branche BladeCenter/System chez IBM, cité également par Channel Web.

Cisco dispose toutefois de sérieux atouts pour venir jouer les trublions sur ce marché. Surtout face à HP qui, contrairement à IBM, ne dispose pas des mêmes cartouches en matière d'applications collaboratives et de communications unifiées, au travers de ses gammes Unified Presence, Personal Communicator, Mobile Communicator, MeetingPlace et Unity Connection.

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