RFID : pas de risque sanitaire... pour l'instant

En l'état, aucune étude n'établit l'existence d'un risque pour la santé du RFID. Toutefois, l'Agence française de sécurité sanitaire juge l'exposition des professionnels non-négligeable.

La radio-identification, ou RFID (radio frequency identification) utilisée pour stocker et récupérer des données à distance grâce à des marqueurs ou tags n'est plus une technologie naissante. Des applications multiples et mâtures parmi lesquelles le contrôle d'accès, la logistique ou l'identification animale existent déjà. La marge de développement de la RFID reste néanmoins encore significative, notamment en matière de traçabilité des produits de consommation.

Alors que cette technologie s'installe progressivement dans notre quotidien, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) s'est penchée sur la question de l'impact sanitaire lié à l'exposition aux champs électromagnétiques émis par les systèmes RFID. Cette enquête intervient suite à une saisie par l'association France Nature Environnement du 25 novembre 2005.

Dans ses conclusions, l'Afsset reste prudente, reconnaissant ainsi que "l'étude de la littérature, ainsi que les résultats des campagnes de mesure, ne permettent pas, à ce jour, d'établir l'existence d'un risque sanitaire lié à l'exposition aux champs électromagnétiques émis par des systèmes RFID".

L'agence française, après la réalisation de mesures sur des systèmes RFID, précise que ces derniers "engendrent la plupart du temps une exposition très faible des personnes au champ électromagnétique, en comparaison d'autres sources, comme par exemple l'usage d'un téléphone mobile".

L'Afsset appelle à étudier les effets psychologiques pour le RFID implanté

Ces champs électromagnétiques sont ainsi jugés inférieurs aux valeurs limites d'exposition définies par le décret français n° 2002-775 du 3 mai 2002, pris en application d'une recommandation et d'une directive européenne. A l'heure actuelle, et compte tenu des données scientifiques ("ne rapportant que de manière extrêmement succincte des spécificités liées aux technologies RFID"), l'exposition pour la population serait faible, en raison d'un contact presque exclusive avec des puces dites passives, c'est-à-dire ne possèdent pas d'émetteur radiofréquence.

Mais l'Afsset s'est également intéressée aux professionnels exposés à des dispositifs RFID dans le cadre de leur activité. L'Agence, sans affirmer l'existence d'un risque sanitaire, souligne que "du fait des faibles distances observées entre l'interrogateur et certains postes de travail, l'exposition professionnelle, quoique toujours inférieure aux valeurs limites d'exposition dans les cas observés, peut être non-négligeable".

Les conclusions de l'Afsset appellent donc à des études scientifiques plus approfondies pour évaluer l'impact spécifique sur la santé des champs électromagnétiques de la RFID, en particuliers sur les fréquences intermédiaires et les expositions professionnelles. Mais le rapport de l'agence souligne avant tout la nécessité d'étudier l'exposition aux rayonnements électromagnétiques provenant de différentes sources, posant l'hypothèse de possibles effets cumulatifs.

En effet, d'autres technologies sont elles aussi à l'origine de rayonnements. C'est par exemple le cas de la téléphonie mobile dans la bande des hyperfréquences. Et si une seule source d'émission ne pourrait générer d'impact sur la santé, rien n'exclut pour l'instant la nocivité d'une exposition simultanée à plusieurs de ces sources de rayonnements.   

Enfin dans ses recommandations, l'Afsset insiste sur la nécessité "de rechercher et d'identifier de possibles incompatibilités électromagnétiques avec des dispositifs actifs médicaux implantés", mais aussi "de s'intéresser aux effets psychologiques potentiels liés au développement de ces technologies d'identification et de traçabilité, notamment dans le cas des puces RFID implantables dans le corps humain".

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