Réduction des budgets IT : que reste t-il pour les PRA ? Jean-Marc Gajda (Caisse d'Epargne Picardie) : "En 2009, la contrainte budgétaire sur le PRA est importante"

Comment s'articule chez vous la continuité de service ?

Nous travaillons depuis longtemps sur le concept de la continuité de service, c'est-à-dire pour nous le fait de mettre deux serveurs par direction. Nous travaillons sur des postes sécurisés, et 96 stations de travail sont potentiellement disponibles au niveau de chaque direction, répartis sur ces deux serveurs. Concrètement, s'il y a 10 stations de travail dans une direction, cinq d'entre elles sont placées sur un serveur et cinq sur l'autre.

Et pour la partie PRA ?

Il y a quelques années, nous avions mis en place des serveurs de fichiers avec un système de réplication et une bascule automatique en cas de crash. Mais avec l'augmentation des volumes de stockage, la croissance des contraintes de sécurité, nous nous sommes orientés vers une solution de baie de stockage NetApp.

Nous avions au départ deux sites distincts, soit un site de production et un site de PRA. Mais le regroupement des activités de la société sur un seul site a fait que le site de back up est devenu un site de production. Un troisième site distant a donc été créé, sur le budget 2008.

Pour 2009, la contrainte budgétaire est-elle importante ?

Oui, et c'est une chance que nous ayons pu financer le dernier volet du plan de reprise d'activité sur 2008, cela aurait été compliqué en 2009. Cette année, j'avais prévu d'étendre la capacité disque du site de PRA, comme je l'avais fait précédemment sur les deux autres sites. Je ne le ferai pas.

Mais compte tenu de la contrainte règlementaire de votre activité, pensez-vous que votre direction générale aurait débloquer un budget PRA en 2009 s'il avait fallu en construire un ?

C'est difficile de répondre. Mais par le passé, nous avons eu un crash sur une machine, qui a entraîné une perte de continuité. Nous avons dû travailler en mode dégradé, remettre en état un serveur de fichiers, le temps de restauration a été long.

Du coup, la direction générale a pris conscience de la nécessité de faire évoluer la technologie et nous avons eu le feu vert pour faire une étude PRA. Au vu de cet historique, il est possible de penser que la direction générale aurait débloqué des fonds pour un PRA en 2009 s'il nous n'en avions pas disposé. Maintenant, un projet de 600 000 euros, pour le faire passer en 2009, c'est compliqué.

Quelles sont les qualités dont doit disposer le DSI pour plaider en faveur d'un PRA équilibré, qui au final sera financé ?

Je crois qu'il faut d'une part définir la notion de ce qui est acceptable par l'utilisateur en termes de reprise d'activité. Pour une reprise en moins de deux heures, on est presque en haute disponibilité. Mais si on accepte des délais un peu plus longs, ça devient beaucoup moins cher. Pour expliquer ça, je peux élaborer une solution "à charge" avec une direction métier, avec de la duplication à chaud par exemple, pour lui expliquer que ça ne passera pas au niveau de la direction générale sur le plan budgétaire, et qu'il va falloir être plus modéré.

D'autre part, le DSI se doit d'être bon orateur vis-à-vis de la direction générale et des directions métiers. Et puis il faut être bon avocat, et ce de plus en plus. "Explique moi ce dont tu as besoin et je te dirais comment t'en passer" est un proverbe de plus en plus utilisé.

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