Fabrice Le Parc (DT, Be2) Notre capacité de traitement est de 500 000 utilisateurs simultanés

Présent dans 36 pays sur les 5 continents, le spécialiste de la rencontre en ligne possède une infrastructure centralisée, basée en Arménie. A la clef, une importante mutualisation des moyens.

Quel est le secteur d'activité de Be2 ?

Be2 est le leader du matchmaking sur Internet. Il s'agit d'un service qui permet de faciliter la rencontre par affinité sur Internet. Nous ne sommes pas de ce fait sur le marché du dating. Une partie du site est gratuite, et l'accès aux résultats des tests psychologiques  et le système de contact est payant, avec des formules d'abonnements de 3 à 12 mois.

Quelle est son importance, en termes de marché ?

Le site a été créé en 2004, fondé par Robert Wuttke, en Allemagne, avec directement une visée internationale en termes de développement, sur des pays comme l'Italie, l'Espagne, les pays nordiques. Nous avons ouvert en France depuis 2006. Nous sommes présents aujourd'hui dans 36 pays, sur tous les continents.

Côté technique, que trouve-t-on sous le capot ?

Toute la partie technique est centralisée en Arménie, avec une équipe de 70 personnes.

Au niveau des serveurs, nous disposons de manière centralisée d'environ 150 serveurs, avec 24 serveurs Web, 12 serveurs de base de données, et 100 serveurs de production. Nous avons également quelques serveurs destinés à l'applicatif, pour la solution de paiement par exemple.

Quelle est votre marge de manœuvre en termes de gestion de la montée en charge ?

Notre capacité maximale de traitement est de 500 000 utilisateurs simultanés. Mais de fait, nous ne sommes jamais à plus de 100 000 utilisateurs simultanés.

Mais votre trafic est également saisonnier ?

Oui, nous devons faire face à des pics de charge et à des questions de saisonnalité. Après les fêtes, nous avons généralement une croissance du trafic de 30%. Au moment de la Saint Valentin, la hausse est de 20%, et au milieu de l'été, nous avons la plus forte croissance de trafic, soit une hausse de 50%.

"70% de notre trafic quotidien est réalisé entre 18h00 et 22h00"

Mais cette question de la gestion de la montée en charge se pose aussi au quotidien. 70% de notre trafic quotidien est réalisé entre 18h00 et 22h00.

De fait, notre souplesse au niveau de la gestion des serveurs permet de gérer les montées en charge.

Quelles sont les capacités de stockage que vous mettez en œuvre ?

Nous n'avons pas de problématique multimédia très complexe a gérer. Nous limitons le contenu à cinq photos par personnes, ce qui réduit considérablement les besoins de stockage.

Et pour la sécurité ?

Nous avons simplement opté pour un système de redondance. Chaque machine est doublée d'une machine de secours.

Infrastructure, réseau, toute votre base technique se trouve en Arménie ?

Le développement s'effectue aussi là bas. Mais la modération du site se fait elle en Allemagne. Nous avons un système de filtre automatique pour le premier et le second niveau. Le troisième niveau est lui contrôlé manuellement.

Quelle est la marge de manœuvre dont vous disposez au niveau des sites nationaux ? Est-il possible de faire des développements spécifiques ?

Pour la France, nous avons répliqué à l'identique le site allemand. Mais certains sites Web en fonction des pays ont des modules applicatifs spécifiques.

Le développement est toujours centralisé au niveau de notre équipe en Arménie, et tout cela se fait en lien avec la direction, installée à Munich.

"Tout passe par un business case afin d'examiner l'impact final sur les vente".

En fait, chaque évolution fonctionnelle des sites fait l'objet en amont d'un descriptif avec des spécifications, et un business case qui va de pair.

Pour la France, qui est considéré comme un marché prioritaire, beaucoup d'attention est mise de ce côté. Tout ce processus se construit main dans la main avec le project management au niveau monde.

Donc chaque développement fait l'objet d'un business case en amont ?

Oui, tout passe par un business case afin d'examiner l'impact final sur les ventes. Chaque business case est ensuite mutualisé, et surtout priorisé par le CEO en fonction des impacts prévus.

Justement, malgré la mutualisation, cette situation ne crée-t-elle pas des situations de concurrence entre les différents responsables des pays afin d'imposer le développement de ses modules ?

C'est évident qu'il peut y avoir une concurrence entre pays mais comme le développement est effectué à international, le bénéfice est forcément perçu à un niveau international. En fait, la concurrence est canalisée pour donner la priorité sur les ventes à l'échelle mondiale.

Au niveau de la France, quels modules avez-vous réalisés récemment ?

Un nouveau module en ligne, intitulé "devinons-nous", a été développé spécifiquement pour la France, et va être étendu aux autres sites nationaux. C'est tout l'avantage d'avoir une infrastructure centralisée, qui permet très rapidement d'étendre des fonctionnalités à différents sites, hébergés sur le même site.

Et quel est le délai de développement des modules ?

En général, le délai de réalisation des modules est d'un à six mois. Pour la France, nous allons mettre en place un service de love coach, accessible aux membres premium. C'est pour l'heure en phase d'intégration et de développement.

Pour finir, quels sont les outils applicatifs dont vous disposez en interne ?

Nous avons un CMS [ndlr. système de gestion de contenu] au niveau national pour travailler sur des taches d'editing. Pour l'intranet, la gestion s'effectue à partir du siège de Munich. Il contient les documents administratifs, les documents corporate. Côté Business Intelligence, nous utilisons la solution Omniture.

Sur un autre plan, nous procédons également à des développements sur notre datawarehouse interne. Nous utilisons enfin la solution on demand Emailvision pour la partie newsletter, mais tout ceci se gère au niveau de Munich.

Fabrice Le Parc est directeur France de Be2.fr

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