Fintech : Gocardless se lance en France pour simplifier le prélèvement bancaire

Fintech : Gocardless se lance en France pour simplifier le prélèvement bancaire La start-up britannique passée par Y Combinator compte déjà plus de 9 000 clients et collecte 750 millions d'euros par an.

Fondée en 2011 par trois jeunes diplômés d'Oxford, lors de leur passage par l'accélérateur Y Combinator dans la Silicon Valley, Gocardless a depuis fait bien du chemin. La start-up britannique qui justifie d'une croissance impressionnante se lance cette semaine en France pour y révolutionner le prélèvement bancaire.

Objectif de la technologie Gocardless : permettre à n'importe quelle entreprise, même celles qui n'enregistrent qu'un faible chiffre d'affaires, de mettre en place un système de prélèvement bancaire pour facturer ses clients... Une possibilité qui leur était jusqu'ici souvent inaccessible, faute de remplir les critères des établissements bancaires (chiffre d'affaires minimum, historique...). "Automatiser et agréger les volumes de données nous permet de donner accès à la technologie à de très petites entreprises et start-up, alors que ce n'est pas rentable pour les banques", explique  Hiroki Takeuchi, CEO.

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Hiroki Takeuchi, CEO. © Gocardless

Après avoir convaincu des clubs de l'université d'Oxford, dont les cofondateurs sont diplômés, d'utiliser leur technologie, les jeunes entrepreneurs ont d'ailleurs commencé par approcher les clubs de football britanniques pour les aider à prélever les cotisations des adhérents. Dans leur viseur, également, les entreprises locales fonctionnant par abonnement, comme les salles de sport, ou encore les journaux.

Les grands comptes séduits par l'API

Mais Gocardless a bien vite touché une autre cible que ces petites entreprises : des grands comptes ont rapidement fait appel à la start-up pour simplifier le processus de prélèvement en utilisant l'API de la start-up. Plus de logiciel coûteux à installer au sein de l'entreprise ou de fastidieux processus d'agréments bancaires, et plus besoin d'équipe dédiée à la gestion des prélèvements. A la place, une plateforme simple à intégrer et à utiliser. Surtout, Gocardless permet à ses clients de prélever leurs clients dans toute la zone euro et en Grande-Bretagne en une seule intégration et facilite la tâche aux entreprises présentes à l'international. La start-up prélève 1% sur chaque transaction. Son API séduit ainsi de plus en plus de grands comptes... Et même des acteurs bien plus inattendus : "Un acteur bancaire nous a récemment contacté pour que nous opérions ses prélèvements", s'amuse à raconter Hiroki Takeuchi.

Bien que la start-up soit passée par le célèbre accélérateur Y Combinator, dans la Silicon Valley, les cofondateurs sont revenus s'installer à Londres. "Les entreprises du secteur fintech peuvent s'y développer bien plus facilement car les régulations bancaires y sont moins strictes, explique le CEO, Hiroki Takeuchi. D'autant qu'aux Etats-Unis, chacun des 51 Etats a sa propre régulation." Gocardless est un établissement de paiement agréé, régulé par l'autorité britannique FCA. Par ailleurs, l'usage des prélèvements est bien plus répandu dans la culture européenne qu'aux Etats-Unis, ou le paiement par carte de débit est roi.

50 collaborateurs à Londres

Gocardless s'est installée dans un immense loft, au cœur de Londres. La start-up y accueille 50 collaborateurs et espère en doubler le nombre d'ici à la fin de l'année. Octave Auger et Amaury de Closset, codirecteurs France chez Gocardless, développeront pour l'instant l'activité française de la start-up depuis son siège, mais le CEO envisage déjà l'ouverture d'un bureau à Paris, à terme. L'équipe France commence à recruter des clients depuis Londres, et compte bien marcher sur les platebandes de la start-up française Slimpay, qui opère déjà des prélèvements SEPA pour le compte de ses clients.

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Locaux de Gocardless, à Londres. © Aude Fredouelle/JDN

Parmi ses clients, The Guardian, Box.com et 1001menus

Depuis décembre 2013, Gocardless a collecté des prélèvements SEPA pour 9 000 entreprises britanniques et internationales dans 13 pays, parmi lesquels la France, la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas. Lancée en 2012, la start-up a connu une croissance phénoménale : elle traite en 2015 un volume annualisé de 750 millions d'euros de prélèvements, hausse de 600% par rapport à l'année précédente. Parmi ses clients, The Guardian, le Financial Times, Funding Circle, Box.com, le gouvernement britannique mais aussi quelques français, parmi lesquels 1001 menus ou The French Talents.

La start-up a levé 11,8 millions de dollars depuis sa création, dont 7 millions en série B en janvier dernier au cours d'un tour de table mené par Balderton. Ses investisseurs historiques Accel Partners et Passion Capital y ont également participé.

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