Marieke Hart (Shareyourmeal) "Notre développement s'appuiera sur un modèle de franchise"

Comment Shareyourmeal.net - Platduchef.fr en France - a réussi à créer le buzz sans lever 1 euro et devenir une icône de la sharing economy  ?

Quand vous avez lancé Shareyourmeal.net, pourquoi ne pas avoir cherché à réaliser tout de suite des profits ?

shareyourmeal3
Marieke Hart est cofondatrice de Shareyourmeal.net © Hugo Sedouramane / JDN

Faire des bénéfices, c'est bien. Mais notre philosophie est surtout de rapprocher les gens les uns des autres afin de réduire le gaspillage alimentaire. Quand nous avons lancé Shareyourmeal.net, la plateforme n'était pas gratuite mais nous ne prenions pas de commission sur les transactions entre les particuliers, ce qui nous a permis de capter une large communauté dans notre zone d'activité. L'idée était de permettre à des particuliers de vendre des plats faits maison à d'autres, pour renforcer les liens sociaux à une échelle locale. Aujourd'hui, nous comptons 46 000 membres entre les Pays-Bas et la Belgique, dont 5 000 cuisiniers amateurs. Nous avons décidé de monétiser notre offre une fois avoir atteint une masse critique. La plus grosse difficulté pour une plateforme comme la nôtre dans la sharing economy, c'est que nous avons besoin d'un nombre très importants d'utilisateurs.


Quel est votre business model ?

Aujourd'hui nous ne prenons que 10% de commissions sur les transactions et à la différence d'Airbnb ou d'autres plateformes, nous ne facilitions pas le paiement via un système intégré car les transactions pour ce type de produits sont trop faibles et cela nous coûterai trop cher. Elles sont donc réalisées entre les particuliers en cash. Il nous faudra à l'avenir trouver une solution spécialisée en micro paiements pour permettre de sécuriser les transactions. Actuellement, c'est un modèle de confiance. Une fois que le compte d'un cuisinier a atteint une certaine somme sur les produits vendus, nous lui prélevons notre commission sur l'ensemble des transactions réalisées.


Le volume de ces transactions vous suffit-il économiquement ?

Airbnb est capable de se faire beaucoup d'argent sur certains utilisateurs très actifs. Ce n'est pas notre cas mais notre business model se base également sur des opérations spéciales sponsorisées par des annonceurs. Nous sommes également soutenus aux Pays-Bas par les institutions locales puisque nous organisons beaucoup d'activités autour de la découverte culinaire. Nos revenus se divisent équitablement en trois pour chaque levier de monétisation.


Airbnb marche parce qu'il casse les prix du marché du tourisme. Vous évoluez sur un marché de proximité. N'avez-vous pas peur que les utilisateurs se passent de vous une fois la première transaction effectuée ?

Certains le font évidemment. C'est dommage pour notre modèle économique mais cela répond à notre objectif d'inciter les gens à partager davantage. Mais dans les faits, on a remarqué que les cuisiniers demandent à ceux venant chercher des plats chez eux de passer par notre plateforme afin d'obtenir une meilleur note, et donc plus de clients.


Comment se comportent vos utilisateurs sur la plateforme ?

"Nous allons prochainement cibler l'Allemagne et New-York"

Les utilisateurs de Shareyourmeal ne vont pas traverser la ville pour chercher un plat. Ils sont très divers. Nous avons été agréablement surpris de voir que certains utilisent le service pour découvrir d'autres cultures culinaires à une échelle locale. On peut également citer l'exemple de certaines personnes âgées qui utilisent le service différemment puisque dans leur cas, ce sont les cuisiniers qui habitent à proximité qui leur apportent les plats commandés.


De nombreuses start-up similaires à la vôtre se sont lancées en France ces derniers mois, comme Cookening. Est-ce une réelle menace pour votre développement ?

Nous avons discuté avec eux et leur positionnement est différent puisqu'ils ciblent davantage les touristes, comme le fait Airbnb. Nous souhaitons que notre marché se développe en France mais notre précédent partenariat avec Super-marmite.com n'a pas marché. Nous allons prochainement cibler l'Allemagne et New-York. Notre développement international s'appuiera sur un modèle de franchise. Dès qu'un ambassadeur lance une franchise qui finit par réaliser des revenus, nous sommes prêts à les partager avec lui.


Titulaire d'un master en sciences sociales de l'Université de Utrecht, Marieke Hart est spécialisée dans l'engagement des citoyens et les interactions entre les communautés locales et internationales. Après un début de carrière en tant que consultante, elle fonde Shareyourmeal.net en mars 2012.

Buzz / Franchise

Annonces Google